EXPRESSION DE LA FOI
meut et où il sert d'organe à une multitude de relations sociales , soit entre d'innombrables personnalités humaines, soit même entre le genre humain et Dieu, — la foi doit s'exprimer par des œuvres internes ou externes, sensibles ou insensibles. — La législation divine et humaine, les commandements ou les préceptes de l'autorité ecclésiastique et familiale, voire même de l'autorité civile et profane, règlent ces œuvres que la foi inspire et par lesquelles elle opère. La vie présente est ainsi surnaturalisée et christianisée. La vie future est ainsi préparée et méritée (1).
264. — A cette expression pratique, à cette manifestation de la foi par les œuvres, il faut absolument joindre, en de certaines circonstances assez fréquentes, une expression logique, une manifestation verbale, faite de vive voix ou par écrit (2). — Elle est nécessaire à la famille chrétienne, qui sans elle n'aurait ni éducation ni cohésion surnaturelles. Elle est nécessaire à la société politique, qui sans elle végéterait dans un naturalisme et un rationalisme lamentables. Elle est nécessaire à l'Église , qui sans elle ne pourrait propager l'Evangile, instruire et régir ses propres sujets, proscrire les hérésies et les immoralités. Elle est nécessaire à chaque fidèle, pour remplir envers son prochain diverses obligations de charité et différents devoirs de miséricorde spirituelle. — Aussi connaissons-nous trois catégories d'expressions logiques de l'acte de foi, trois catégories de confessions de foi ou de formulaires de foi : 1. la catégorie officielle^ dont nous avons parlé dans un autre Traité (3) et qui renferme les symboles, les professions
(1) Sur cette nécessité de manifester et de compléter la foi par les œuvres, voir le Concile de Trente, sess. VI, de Justificatione, c. 6, H et 16, avec les canons afférents. — Saint Ttiomas dit fort utilement : « Fides interior mediante dilectione causât omues exteriores actus virtutum, medianlibus aliis virtutibus, imperando non eliciendo. » [Sum. TlieoL, 22, q. 3, a. 1, 3™.)
(2) « Fides interior... confessionem producit tamquam proprium actum, nulla alla virtute mediante. » (Ibid.)
(3) Log. siirn. subj., Théorème XXVIll.
de foi, les canons ou anathèrnes : 2. la catégorie officieuse, qui contient le> nombreuses formules ou rédactions proposées aux fidèles par les évêques et les théologiens, pour servir de modèles ou même de formes habituelles à l'acte de foi théologale ; 3. la catégorie privée, qui comprend les modes très nombreux et très variables par lesquels chaque croyant peut manifester, attester et communiquer sa foi intime, implicite ou explicite, universelle et s'étendant à tous les dogmes, ou particulière et portant sur un point déterminé.
265. — Ce que les professions de foi officielles veulent exprimer surtout , ce n'est pas précisément Vacte de foi qui n'y est signifié que par ces mots : « Je crois; Je crois et adhère; Je crois et confesse; Je crois de cœur et confesse de bouche: Je crois, /accepte et je professe ». — Le symbole athanasien fait ressortir à trois reprises la nécessité de la vraie foi pour le salut; celui du XP concile de Tolède énonce la relation qu'il y a entre adhérer maintenant à Jésus-Christ par la foi et régner avec lui plus tard ; celui de saint Léon IX indique la fermeté avec laquelle le fidèle doit rejeter et anathématiser les hérésies; la profession de foi prescrite aux Vaudois convertis mentionne également cette fermeté ; celle de Pie IV y ajoute V obligation de croire, et surtout la spontanéité, la véracité et la perpétuité de l'engagement qu'on prend de garder exactement la foi, de la confesser, et de la faire autant que possible garder, enseigner, prêcher, par ceux dont on a la charge et la conduite. — Mais ces documents, émanés de l'autorité suprême dans l'Église catholique, ont plutôt pour but de définir ou d'énumérer des dogmes de foi que d'élucider théoriquement ou pratiquement Vacte de foi lui-même. Ils le supposent bien compris de ceux qu'ils obligent à l'émettre et à l'étendre, sans nulle réserve ni exception, à tous les points révélés dont ils font mention expresse.
266. — Les formules officieuses proposées par les pasteurs ou les docteurs ont très généralement un autre