EXPRESSION DE LA FOI
but, — celui de guider les simples fidèles dans la production régulière d'un véritable acte de foi surnaturel s'appliquant indistinctement à tous les objets de la foi divino-catholique, et pouvant au besoin s'adapter spécialement à certains d'entre eux. — Quelquefois , en Italie surtout, ces formules énoncent les dogmes à croire explicitement pour obtenir le salut éternel, et ne visent qu'implicitement les autres (1). — Le caractère commun de ces expressions de l'acte de foi est d'en affirmer l'objet et le motif, la révélation et l'autorité divines. Plus elles sont courtes et vives, plus elles sont utiles aux simples fidèles (2); et ce n'est pas nous qui voudrions en allonger le texte, au risque de surcharger telle et telle mémoire évaporée ou rebelle. Mais nous désirerions y voir introduire la notion de la grâce, surnaturelle, qui n'a rien perdu de l'importance extrême qu'on lui attribuait au temps du IP concile d'Orange, du concile de Trente, du concile du Vatican. Nous pousserions même notre ambition jusqu'à désirer qu'on y insérât un mot relatif à l'évidente certitude des motifs de crédibilité. Ainsi l'acte de foi serait exprimé tel qu'il est en ses sources et en lui-même; et le commentaire qu'en feraient les catéchistes n'omettrait jamais rien d'essentiel (3). — Ils prendraient cependant soin de bien préciser le point exact, essentiel, où se trouve formellement la croyance théologale;
(1) Voir, par exemple, la formule insérée dans la RaccoUa de prières et œuvres indulgenciées ; elle est reproduite dans le Catéchisme publié pour le diocèse de Pérouse par le cardinal Joachim Pecci avant son élévation sur le siège de saint Pierre.
(2) Nous aimerions à citer comme exemples, comme modèles, de ces actes de foi rapides et limpides, ceux qui sont proposés dans nos anciens catéchismes français. Voici du moins celui de Verdun, de l'année 1685, (p. 9) : « Faites un acte de foi eu général. — Mon Dieu, je crois fermement tout ce que l'Église m'enseigne, parce que vous l'avés dit. »
(3) Nous obtiendrions pleine satisfaction si l'on adoptait une formule analogue à celle-ci : « Mon Dieu, je crois très fermement, aidé de votre sainte grâce, tout ce que votre Eglise m'ordonne de croire, (et en particulier tel dogme...) ; je le crois, parce que vous l'avez très certainement révélé, et que vous ne pouvez absolument pas vous tromper ni nous tromper. »
de la distinguer d'avec ce qui n'est pas elle, et d'empêcher leurs auditeurs les plus intelligents de la confondre avec les connaissances préliminaires, moins surnaturelles qu'elle ne l'est, quoique indispensables à sa production raisonnable, prudente, digne de l'approbation et de la coopération de Dieu même.
267. — L'expression individuelle de l'acte de foi est d'une extrême simplicité, parce qu'elle n'a pas besoin comme les précédentes d'étudier soigneusement ses formules et ses mots. Elle n'est pas un enseignement magistral ; elle ne prétend pas s'imposer comme type officiel, ni comme exemple autorisé; elle ne se préoccupe ni de synthèse ni d'analyse scientifiques ; elle est uniquement le témoignage loyal d'une foi orthodoxe et sincère. — Il est néanmoins des cas nombreux où elle prend trop de gravité pour ne pas être tenue de se conformer, autant qu'elle le peut, aux formules authentiques ou officieuses reçues dans l'Église. C'est ce que faisaient admirablement les martyrs et les confesseurs des premiers siècles devant les tribunaux païens : la plupart de leurs réponses, dont nous possédons aujourd'hui encore de fidèles transcriptions, étaient pour ainsi dire découpées dans les symboles et les professions de foi qu'ils avaient appris au cours de leur catéchuménat ; et nous y trouvons, pour l'exposition et la défense du dogme chrétien, des témoignages d'une admirable efficacité. Nos catéchistes actuels peuvent et doivent préparer de pareilles ressources à l'apologétique future, en continuant l'œuvre des admirables et saintes catéchèses que Rome, Jérusalem et Alexandrie possédèrent dès les temps apostoliques (1).
(1) Cf. Perrone, Pnvlect. TlicoL, Ir. de Locis Tlieol.. p. ii, soct. 2, c 1, § 3.