‹ Morale surnaturelle spécialeChapitre 90 sur 144 · ESPOIR ET CRAINTE · texte numérisé non relu

ESPOIR ET CRAINTE

principes généraux de la révélation et à la direction générale de l'Église. — La divinité du Rédempteur, la divine maternité de sa Mère , en éloignant d'eux toute possibilité de faillir, leur conférait un privilège bien plus élevé encore. Mais, en dehors de là, « nul ne sait, (d'un savoir surnaturel ou naturel complètement certain), s'il est digne d'amour ou de haine (1). »

408. — Le luthéranisme, posant en principe absolument et universellement certain que « se croire sauvé par Jésus-Christ opère effectivement le salut, » ne pouvait admettre que l'espérance fût mélangée de crainte ; et en remplaçant la di/Jlculîé de son objet par une entière facilité résultant de ce que l'on croit indubitablement l'atteindre, il détruisait de fond en comble le dogme et la notion même de l'espoir théologal. — Le concile de Trente a pris un soin très particulier de réprimer cet excès : « Tout homme peut trembler et craindre au sujet de sa grâce; » (2) « personne ne peut savoir, d'une certitude de foi excluant toute fausseté, qu'il a reçu la grâce de Dieu » (3); « sans une révélation spéciale, on ne peut savoir ceux que Dieu s'est choisis; » (4) « que pareillement, pour le don de persévérance, personne ne se promette rien de certain, d'une certitude absolue » (5); « chacun doit avoir devant les yeux aussi bien la sévérité et le jugement que la miséricorde et la bonté (6). » — Le concile appuie ces décisions dogmatiques sur des textes scripturaires fort lumineux et fort connus (7); et il les confirme par de solennels anathèmes (8), justement

Page 1