‹ Morale surnaturelle spécialeChapitre 96 sur 144 · Toute vertu garde un juste milieu que le bon · texte numérisé non relu

Toute vertu garde un juste milieu que le bon

quand il dit : « Deinde hortetur infirmum et excitet ut dum mente viget eliciat actus fldei, spei et charitatis, aliarumque virtutum, nempe :.... ut speret Christum Dominum nostrum pro sua clementia sibi fore propitium; et merito ejus sanctissimaî passionis et per intercessionem B. Marise et omnium sanctorum, se vitam seternam consequuturum. » [Cap. V, Modus juvandi morientes, n. 3; cf. n. 4 ; et cap. VI, n. 4 ; cap. VII, n. 2, etc.)

(1) Cf. ci-dessus, Théorème XLII.

(2) Extraordinairement, la grâce pourrait bien exciter efficacement l'amour decbarité avant celui d'espérance. Gela n'est pas au-dessus de la puissance et de la miséricorde divines ; mais cela rentre dans la catégorie du miracle ou à peu près.

sens et la prudence, la sagesse humaine et la révélation divine, lui montrent clairement, et qu'ils l'obligent à respecter sous peine de n'être plus une vertu. L'espérance est très particulièrement soumise à ce principe, parce qu'elle repose tout entière sur les promesses de Dieu qui ne veut ni trop ni trop peu de confiance, qui ne souffre ni désespoir ni présomption relativement aux biens qu'il propose, qui exige enfin qu'on les aime et qu'on les désire dans l'exacte mesure où il les rend possibles et accessibles. — Si donc la volonté se refuse à les espérer autant qu'il l'ordonne, ou si elle prétend les espérer plus qu'il ne le permet, elle tombe en deux e^cè^ diamétralement opposés que nous allons décrire.

435. — a) Le premier est l'excès par désespoir volontaire, conscient et libre. S'il n'était pas tel, ce ne serait point moralement l'opposé de Vespoir, et ce ne serait ni un péché ni un vice. — Il empêche la volonté de tendre vers le trésor surnaturel de la gloire ou de la grâce, comme s'il était chimérique^ ou indigne d'amour, ou pratiquement inaccessible à cause de son extrême difficulté. — Souvent il procède de Y infidélité : alors la vertu d'espérance est entraînée dans la ruine qui frappe et anéantit la vertu de foi. Mais souvent aussi la foi subsiste, l'intelligence n'est pas en révolte contre la parole divine, et le désespoir qui s'attaque à l'espérance la détruit sans supprimer la vertu de foi. — Cette discordance entre la foi qui persévère et l'espérance qui sombre peut provenir d'une erreur de raison ou d'une défaillance de volonté. Tantôt la raison applique mal aux circonstances individuelles les principes généraux de la croyance théologale : « Quelqu'un, dit l'angélique Docteur, retenant la conviction générale et vraiment dogmatique du pouvoir que l'Église a de remettre les péchés, peut cependant pécher par désespoir en croyant que dans l'état particulier et concret où il se trouve personnellement il ne saurait espérer de pardon (1). » Tantôt, par contre, la raison (i) Sum. Tlieol, 22, q. 20, a. 2, in corpore, et ad 1"".

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