PRÉFACE DE L AUTEUR. XXI
seule véritable, la seule que puisse avouer une saine philosophie : et toute morale qui s'écarte de celle-là, ou qui la combat, est ou imparfaite, ou fausse, et même détestable. Ainsi, ce n'est ni dans les écrits des païens, même les plus vantés, tels qu'un Platon, un Cicéron, un Sénèque, un Épictète, un Antonin, ni dans ceux qui les ont copiés, tels qu'un Montaigne, un Charron ; encore moins dans les faux sages de ce siècle, que les plus honnêtes et les plus sensés d'entre les païens auraient désavoués, qu'il faut chercher la vraie morale. C'est dans l'Évangile, dans les écrits des apôtres, dans ceux des Pères de i'Égiise, dignes interprètes des saintes Écritures, qu'on la trouvera.
On a beaucoup écrit contre les incrédules , soit pour réfuter leurs systèmes, soit pour répondre à leurs objections contre la révélation et ses preuves. Ces ouvrages étaient nécessaires sans contredit : et l'on ne peut trop applaudir au zèle et au talent de ceux qui les ont entrepris. Mais il me semble qu'on ne s'est pas assez attaché à exposer la morale chrétienne dans toute sa pureté, dans toute son étendue, dans toute sa beauté. Néanmoins de tous les caractères de divinité que présente le christianisme, celui-là est le plus frappant, le plus à la portée de tous les esprits, le plus propre à convaincre et à persuader.
C'est l'objet que je me suis proposé : et afin de mieux réussir, j'ai pris pour guide et pour maître le plus grand philosophe, le plus profond théologien, le génie le plus élevé et la plus belle âme, en un mot, celui qui est reconnu pour le premier docteur de l'Eglise. Ce sont les maximes et les réflexions de