DE LA PROVIDENCE
Vous prenez soin de chacun de nous^ comme s'il était seul : et vous prenez soin de tous comme de chacun.
Sic curas unumquemque nostrum tamquam solum cures; et sic omnes, tamquam singulos. Lib. m. cap. xi. n. 19.
Si, à la vue de l'ordre qui règne dans l'univers, et dans chacune des parties qui le composent, on ne peut nier sans absurdité qu'il y a une providence physique qui a établi et qui maintient cet ordre, et dont l'attention s'étend jusqu'aux plus petits objets de la nature : il est bien plus absurde de ne pas reconnaître une providence morale, qui veille sur le genre humain en général, et sur chaque homme en particulier.
Tout infaillible que cette providence est dans ses
vues, elle ne gêne point notre liberté, et elle laisse à l'homme le choix de ses actions. La chose doit être ainsi : car quelle bonté ou quelle malice pourraient avoir les actions humaines, si elles n'étaient pas libres? Ainsi, l'existence d'une providence morale suppose évidemment l'existence et Texercice de notre liberté. Elle suppose aussi un ordre moral, auquel sont assujettis tous les hommes, dès qu'ils sont capables d'actions bonnes ou mauvaises ; assujettis non par une nécessité physique, mais par une nécessité morale, qui leur impose l'obligation de se conformer à de certaines règles que Dieu leur prescrit.
Il est indubitable premièrement, que Dieu est l'auteur de ces règles, qu'il n'a pu se dispenser de les établir en créant des êtres intelligents et libres, et qu'il en ordonne l'observation avec promesse de récompense, ou menace de châtiment; secondement, qu'aucune action, aucune pensée, aucun désir conforme ou contraire à ces règles ne lui échappe ; et que sa vigilance à cet égard s'étend à tous et à chacun des individus.
Ce serait ne pas connaître Dieu, ni son immensité qui le rend présent à tout, ni sa science infinie qui est nécessairement instruite de tout, que de croire qu'une providence si étendue et si multipliée puisse lui causer la moindre gêne, le moindre em.barras; ou qu'il ne voit les choses qu'en gros, et sans entrer dans aucun détail. Ce serait, si je l'ose dire, connaître encore moins sa sainteté et sa justice, que de le supposer indifférent sur le bien et le mal moral qui arrivent dans
l'univers, et de prétendre qu'il n'a ni récompense pour l'un, ni châtiment pour l'aulre.
Mais, dit-on, la vertu souffre ici-bas; elle est méprisée^ elle est calomniée. Le vice au contraire triomphe ; il jouit impunément des richesses, des honneurs, des plaisirs. Est-ce donc là cet ordre moral qu'on nous vante? Tout n'est-il pas plutôt rempli de désordre en ce monde ?
Cette difficulté n'est qu'apparente ; et elle vient uniquement de ce qu'on ne se forme pas une idée complète de l'ordre moral. S'il était borné à cette vie, et qu'il ne s'étendit pas au delà, on aurait raison d'accuser Dieu d'indifférence, ou d'ignorance, ou d'impuissance. Mais l'objet de l'ordre moral par rapport à la vie présente n'est pas de récompenser tout ce qui est bien, et de punir tout ce qui est mal ; c'est d'ordonner l'un, et de défendre l'autre; c'est de promettre et de menacer. Quant à l'effet de ces promesses et de ces menaces, il est réservé à une autre vie, où la vertu sera éternellement heureuse, et le vice éternellement malheureux. L'ordre sera alors inviolablement gardé ; l'homme ne pourra plus y donner aucune atteinte; le méchant y sera assujetti malgré lui; et l'homme de de bien n'aura plus à craindre, ni de le violer, ni de le voir violer à son égard.
C'est sous ce point de vue, c'est par rapport à cette éternelle destinée de bonheur, ou de malheur, qu'il faut envisager l'ordre moral. L'homme est créé pour un bonheur sans fin : mais Dieu veut qu'il le mérite, parce qu'il ne veut le lui donner qu'à titre de récom-
pense. Rien de plus juste , rien de plus conforme à l'ordre. Dans ce dessein, il l'a donc mis pour un temps sur la terre ; il lui a donné des lois , une intelligence pour les connaître, une volonté capable de se déterminer librement à les observer, une conscience qui lui rend témoignage de sa fidélité, ou qui lui reproche sa désobéissance. Tous les secours nécessaires à l'observation de ces lois lui sont offerts libéralement ; il n'ignore ni les promesses , ni les menaces qui les accompagnent. Par une bonté généreuse, Dieu a donné lieu au repentir; et il est toujours prêt à pardonner, pourvu qu'on revienne sincèrement à lui.
Cependant il laisse chacun de nous maître de sa conduite jusqu'au moment de la mort; et, dans cet intervalle, il permet le plus souvent que les méchants l'offensent impunément, qu'ils réussissent dans leurs projets, qu'ils oppriment les bons. L'ordre paraît violé ; il l'est en effet du côté de l'homme, et pour un temps; mais il ne l'est pas absolument ^ et en luimême, parce que les promesses et les menaces auront infalliblement lieu pour les bons et pour les méchants, lorsque leur dernière heure sera venue. Alors la courte épreuve finira ; l'éternelle destinée des uns et des autres commencera. Le partage des bons sera un bien sans mélange de mal, et celui des méchants sera un mal sans mélange de bien. L'ordre sera fixé d'une manière immuable et irrévocable.
DES LARMES DE SAINTE 3I0iMQUE.
Allez : il ne peut se faire qu'un fils pour qui vous versez de telles larmes, périsse,
Vade... ; fieri non potest ut filins istarum lacrymarum pereat. Lib. III. cap. su.
C'est la réponse que fit un saint évêque à Monique éplorée , qui le conjurait de travailler à la conversion de son fils, // ne se peut faire. Ce saint évêque jugea que des larmes si amères, si constantes, qui avaient un tel objet, ne pouvaient être qu'un effet de la grâce; il jugea que la pieuse veuve qui les répandait devant Dieu depuis tant d'années, ne priait pas le Seigneur en vain, et que tôt ou tard il exaucerait des pleurs que lui-même faisait couler.
Monique ne demandait que la conversion d'Augustin, Dieu avait dessein de lui accorder une faveur bien plus grande. Il se proposait de faire d'Augustin un homme éminent en sagesse et en sainteté, un évoque plein de zèle et de charité , un des plus illustres défenseurs de la foi, la plus brillante lumière de TÉglise, Quinze années de prières et de gémissements n'étaient pas trop pour un tel bienfait. Il avait encore en vue que la mère se sanctifiât par ses larmes ; voilà pourquoi il différa si longtemps de l'exaucer ; voulant que les prières de la mère pour son fils fussent également utiles à l'un et à l'autre.
Si Ton savait jusqu'à quel point Dieu a attaché le salut, et même la sainteté des enfants aux prières et aux larmes de leurs parents : si les mères surtout, qui ont plus de tendresse pour eux, appliquaient cette tendresse à son principal objet, à celui que des mères chrétiennes doivent avoir en vue par-dessus tout : la sainteté se propagerait en quelque sorte avec le sang ; et les enfants seraient redevables à leurs parents de la vie de la grâce , aussi bien que de celle de la nature. S'il est des prières que Dieu inspire , s'il en est qu'il commande, et qu'il est disposé à exaucer, ce sont spécialement celles qu"un père ou une mère lui adressent, non pour la prospérité temporelle, mais pour le bonheur éternel de leur famille. Ces prières sont tellement de devoir pour eux, que leur propre sanctification en dépend. La plupart des grâces que Dieu accorde dans l'état du mariage , il les accorde en vue des enfants ; et le bon usage qu'en font les parents , est pour eux comme pour leurs enfants un moyen efficace de salut.
Il arrive quelquefois, je l'avoue, que des parents pieux ont des enfants qui ne le sont pas ; qui ne répondent ni à leurs instructions, ni à leurs exemples; et pour qui leurs prières sont sans fruit. Mais cela est rare ; et moralement parlant , il ne se peut faire que ceux qui prient comme Monique avec ardeur, avec confiance et persévérance , n'obtiennent ce qu'ils demandent. Quel que soit au reste l'effet de leurs prières par rapport à leurs enfants , elles ne sont jamais perdues pour eux. Ils doivent les faire pour leur propre salut; et s'ils ne remplissent ce devoir. Dieu leur en
demandera compte, soit que leurs enfants se sauvent ou non; à plus forte raison le leur demandera-t-il , si leurs enfants se perdent , parce qu'ils n'ont pas prié pour eux.
Je suppose que Monique n'eût pas prié , ou qu'elle n'eût prié que faiblement pour Augustin. Il est vraisemblable qu'il ne se serait pas converti : car il reconnaît partout dans ses écrits qu'il devait sa conversion aux larmes de sa mère. Quelle perte immense pour l'Église ! Tout le bien quWugustin a fait de son vivant, et depuis sa mort par ses ouvrages, n'aurait jamais eu lieu ; et quoique Monique ne pût le prévoir , elle en aurait néanmoins en un sens été responsable. Augustin se serait perdu ; mais elle-même se serait-elle sauvée? Cela est fort douteux. Dans l'ordre de la prédestination son salut pouvait être lié à celui de son fils ; et comme elle est devenue sainte en demandant par tant de larmes la conversion de ce fils , peut-être eût-elle été réprouvée, si elle avait été infidèle en ce point à la grâce.
Parents chrétiens, qui aimez tendrement vos enfants, qui leur désirez pour ce monde tous les biens possibles, qui vous épuisez de soins et de travaux pour les leur procurer : sans négliger leurs avantages temporels, portez vos vues plus haut ; songez à leur bonheur éternel. Ce n'est pas simplement des hommes que vous avez mis au monde : c'est des chrétiens; et les chrétiens ne sont pas de ce monde ; ils ne font qu'y passer. Le ciel est leur patrie ; c'est pour le ciel que vous les avez engendrés. Ne vous bornez pas à leur donner une
bonne éducation et de bons exemples. Priez pour eux; priez avec ferveur ; priez avec constance. S'ils ne répondent pas à vos soins ; s^'ils ont une jeunesse orageuse ; si, comme Augustin, ils donnent dans le libertinage, et courent risque de perdre la foi, ne vous rebutez pas : redoublez vos instances auprès de Dieu : le moment de la grâce arrivera. Vous aurez peut-être, comme Monique , la consolation de voir leur changement ; et si vous mourez avant qu'il arrive , vous en emporterez dans l'autre monde la douce espérance.
Ayez toujours présente à Tesprit la réponse de ce saint évoque ; et pleins de confiance, dites-vous à vousmêmes : il ne se peut faire qu'un (ils dont je pleure depuis tant d'années la mort spirituelle,pour qui j'offre à Dieu tous les jours des prières si ardentes, périsse. Peut-être celui pour qui vous priez sera-t-il un saint, et l'instrument du salut d'un grand nombre d'âmes.
Songez encore qu'en priant pour vos enfants, vous priez pour vous-mêmes ; que ce devoir est d'une obligation étroite et rigoureuse ; que votre sanctification, votre salut môme y est attaché. Vos devoirs en qualité de pères et de mères sont relatifs à vos enfants ; et leur âme en est le principal objet. Travaillez donc en toute manière à la sauver, afin du moins de sauver la vôtre. Un âge vient où vos avis, vos réprimandes seraient mal reçus; où des enfants indociles vous contestent presque le droit de leur parler avec autorité. Mais les prières sont toujours de saison ; elles sont toujours bien venues auprès de Dieu ; et elles font plus de fruit que des reproches où il entre souvent de l'aigreur et
de Tamertame. Qu'il ne tienne pas à vous que toute votre famille ne soit un jour réunie autour de vous dans le ciel. C'est alors que vous vous féliciterez éternellement d'avoir été doublement leurs pères, et selon l'âme, et selon le corps.
QUE L'HOMaiE NE PECT QUE S'ÉGAKER EN SE CONDUISANT • LUI-MÊME.
Que suis-je à moi-même sans vous, qu'un guide qui se conduit ou précipice ?
Quid... sumego mihi sine te, nisi dux in prfeceps? Lib. iv. cap. i.
Quel est celui qui parle ainsi de Ini-môme, et qui reconnaît avec tant d'humilité que, sans Dieu, il ne peut que s'égarer et se perdre? C'est un des plus beaux génies, un des cœurs les plus droits, l'homme le plus sage, le plus éclairé, le plus sincèrement attaché à la vérité, qui ait paru sur la terre. L'expérience de ses erreurs et de ses désordres lui faisait tenir ce langage; il savait qu'il n'en était revenu qu'à la faveur de la lumière et de la grâce divine ; et que, sans ce secours, jamais il ne serait sorti du précipice où il s'était jeté.
Que chacun se sonde ici^ et se rende justice, comme Augustin ; qu'il repasse en sa mémoire tout le cours de sa vie ; qu'il se rappelle toutes les idées fausses, bizarres, folles qui lui sont venues à l'esprit; toutes les passions qui se sont élevées dans son cœur ; toutes les
tentations auxquelles il a été exposé : et il conviendra sans peine que de lui-même il n'est capable que de s'égarer ; qu'il s'est égaré en effet toutes les fois qu'il a été son propre guide ; et que s'il a eu le bonheur de ne pas faire de faux pas , c'est à la conduite de Dieu qu'il en est redevable.
L'état de l'homme , son ignorance , sa faiblesse, la force de ses penchants , le pouvoir des occasions et de l'exemple, les rencontres imprévues, la séduction des fausses maximes du monde ; enfin l'expérience personnelle de presque tous les hommes : tout rend témoinage à cette vérité, et en fait un des principes de la morale les plus certains et les plus évidents.
Cependant très-peu de gens sont assez droits et assez humbles pour en convenir, et pour le suivre dans la pratique. On veut juger de tout par soi-même ; on veut se gouverner soi-même ; on présume de ses lumières et de la bonté de son esprit ; on compte sur les dispositions de son cœur, sur ses résolutions, sur ses intentions. On se flatte d'avoir de l'empire sur ses passions. Moyennant cela on s'expose à tout; on se croit propre à tout, et en état de répondre toujours de soi. Bien loin de s'abandonner à Dieu, et de lui confier le soin de notre conduite, dans les circonstances les plus embarrassantes et les plus périlleuses de la vie ; on ne le consulte pas, on ne le prie pas, on ne pense pas à lui, on s'imagine n'avoir aucun besoin de lui.
Il est pourtant indubitable que Dieu est la lumière des esprits, et le moteur secret des cœurs : que toute bonne pensée, tout bon sentiment vient de lui. La rai-
son seule a appris aux philosophes qu'il est dans le monde intellectuel ce que le soleil est dans le monde visible; qu'il l'éclairé, l'échauffé, le vivifie. Sans lui notre entendement n'est que ténèbres, notre cœur que corruption. Nous tenons de lui tout ce qu'il y a de bon en nous, tout ce qui peut nous faire connaître et aimer la vertu ; et si nous usons bien de nos lumières et de notre liberté, c'est encore un bienfait de sa part.
Ajoutons que par sa prescience infinie, lui seul connaît toutes les occasions où nous nous trouverons ; tous les événements qui nous arriveront, et qu'il nous est impossible de prévoir^ ni de détourner; toute la suite et l'issue des desseins que nous formerons ; quelles seront nos pensées, nos sentiments, nos actions dans chaque rencontre ; enfin dans quel état la mort nous suprendra; que par sa providence également infinie, il arrange tout, il dispose de tout à son gré, même de nos volontés ; il renverse, quand il lui plaît, nos projets les mieux concertés : en sorte que n'étant jamais sûrs de rien, nous ne pouvons proprement nous répondre que d'une seule chose ; c'est que de tout ce que nous avons prévu, craint, espéré, résolu, il n'arrivera que ce que Dieu voudra ou permettra.
De plus, Dieu connaît nos véritables intérêts infiniment mieux que nous-mêmes ; il envisage tout, il juge de tout par rapport à notre salut et à l'éternité ; il dirige tout vers cette fin; il sait ce qui peut nous y conduire, ou nous en écarter ; il est tout-puissant pour lever tous les obstacles, et nous procurer tous les moyens. D'ailleurs sa bonté pour nous est infime ; il
nous aime, il veut nous sauver ; et si nous le laissons disposer de nous, il nous sauvera infailliblement.
Que de raisons prises de son côté et du nôtre pour nous livrer entièrement à sa direction ; pour ne rien vouloir, ne rien entreprendre sans l'avoir consulté; pour l'engager par toutes sortes de voies à nous manifester sa volonté , et pour nous y conformer dès qu'elle nous sera connue !
Mais où sont ceux qui se livrent ainsi à Dieu? oij sont ceux qui le conjurent sans cesse de les gouverner lui-même ; qui mettent à ses pieds leur propre esprit, leur propre volonté ; qui ne font usage de leur liberté, que pour la remettre entre ses mains ; qui le chargent de toutes leurs affaires, même temporelles ; et qui de leur chef ne veulent concevoir aucun dessein, prendre aucune résolution , faire aucune démarche qui put changer leur état, et Tordre de la providence sur eux? Parmi les personnes mêmes qui ont de la religion et de la piété , combien y en a-t-il qui se laissent conduire uniquement par l'esprit de Dieu, et qui ne mêlent point à leur dévoiion leurs préjugés, leur entêtement, leurs caprices, leur imagination?
Rien n'est plus rare ; et à voir comme les hommes pensent et agissent, on croirait qu'ils sont absolument chargés d'eux-mêmes, qu'ils sont les seuls arbitres de leur sort, ou du moins qu'ils se regardent comme tels, et que Dieu n'entre pour rien , n'influe en rien dans leurs affaires.
Qu'arrive-t-il de là? Premièrement des erreurs, des désordres et des crimes de toute espèce ; parce que
chacun suit les lumières trompeuses de son esprit, et les penchants encore plus trompeurs et plus dangereux de son cœur. Ce n'est partout dans le monde qu'un conflit d'opinions fausses et de passions, qui se croisent et se heurtent sans cesse. L'hérésie, Tirréligion , le libertinage, la méchanceté régnent ; et les hommes se précipitent partout à leur perte, en se conduisant euxmêmes.
Secondement , des mécomptes continuels ; des espérances déçues , des projets qui avortent , et qu'on est contraint d'abandonner; des renversements de fortune ; et par une suite nécessaire des inquiétudes, des chagrins, d'affreux désespoirs ; beaucoup de mouvement, d'agitation, de vicissitudes , jamais de paix, ni de repos. Ainsi se passe la vie , parce qu'on veut s'en faire l'arbitre, et la régler à sa fantaisie. Et quel est le terme de tout cela? Un malheur éternel pour la plupart des hommes. Ne concevrons-nous donc jamais que nous n'avons pas de plus grand ennemi que nousmême , qu'il n'est personne dont nous ayons plus à nous défier; que Dieu est notre unique ressource, notre unique asile, notre unique préservatif contre tous les maux temporels et spirituels que notre aveugle présomption nous attire ?
Ah ! que nous avons sujet de dire tous avec saint Augustin : Que suis-Je à moi-même sans vous, ô mon Dieu, qu'un guide qui me jette dans le précipice ? Après cet humble aveu, remettons comme lui notre conduite entre les mains de Dieu. Songeons à ce qu'était Augustin, avant qu'il se donnât à lui , et à ce qu'il est
devenu après s'y êlre donné. 11 en sera ainsi de nous, si nous voulons. Nous ne serons véritablement éclairés qu'autant que Dieu sera notre lumière ; sûrement conduits quautant quil sera notre guide; et nous n'arriverons que par son secours à la bienheureuse éternité.