‹ Morales des idées-forcesChapitre 10 sur 150 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

Cette notion vraiment immanente de la liberté, sans exclure les croyances relatives à l'essence intime, communique son caractère immanent à toutes les notions morales connexes. I/idée de ma resftonsabililé, par exemj)le, sulTil à me rendre déjà responsable. Voir le mal d'autrui, c'est en prendre pour moi et sur moi une part; c'est aussi, dès que j'y puis quelque chose. [)rendre ma part des res])onsabililés ^1 .

Enfin, quand nous arriverons au rapport mutuel des sujets conscients, nous verrons que la vraie solidarité est celle qui se crée en se concevant elle-ujéme '.je suis lié par ridée de mon lien arec autrui et arec tous. L'idée de société réalise seule la vraie société, qui n'est pas imrement mécanique ou biologique. Allons plus loin : l'idée de l'univers réalise en nous lunivers, qui, s'il n'était nulle part conçju, n'existerait pas comme tout-un dislinct de ses parties, c'est-à-dire comme véritable univers.

l'ne conception nouvelle du droit dérive du vrai rapport des sujets entre eux, qui, selon nous, est un rapport de consciences et didées-forces. Ne l'avons-nons pas fait voir jadis? Le droit est une idée d'autonomie (|ui tend à se réaliser dans l'individu et dans la société: l'idée du droit est déjà le droit qui se pose. Le seul l'ail de concevoir celle idée me confère un litre à ne j»lus èlre traité comme une chose ou un instrument. Guichardin énonce (pielqne part cet aphorisme à la Machiavel : « Les revendications r(''ilérées créent un droit. >- (le (pi'il dil en un sens politique pour justifier les prétentions injusliliées, peut être; pris en un sens |iliilosoplii(pie et moral : la revendic^ation du droit, chez lui être (pii en a l'idée, crée le droit même. Je i)arle ('videmmenl ici du droit en général, non de tel droil particulier et eoncrel: je veux snnitlement dire (pie l'être (pii a la notion de son caractère « sacré et inviolable » acquiert par cela même une valeur qu(^ n'a pas l'être dépourvu d'ime telle notion. Nous pressentons cette véi'iti' quand nous sommes en pri'senccd'un êlre.ipiel quilsoit, (pii niaiii-

(i) \oir plus loin, II» parlie. rhap. ii.

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