RAPPORTS AVEC LA PHILOSOPHIE DES IDEES-FORCES XXV
losophie,à un point de vue qui avait été négligera théorie (les idées-forces, sans perdre son caractère propre et siii (jeneris, transpose dans le domaine scienliti([ue le platonisme, le kantisme et Pévolutionnisme ; mais ces doctrines y sont transformées et y reçoivent leur achèvement. Les Idéaux éternellement réels de Platon et les Noumènes de Kant descendent, avec une valeur scientilique, du monde transcendant au monde immanent de re\l>érience et y devienneiit des idées-forces en lutte l»our leur réalisation progressive. D'autre part, Tévolutionnisme se transforme en devenant psychiciue : il s'oriente vers un idéal qui surgit de la réalité par le moyen de la pensée. L'unité de ces systèmes si divers s'opère au moyen d'une conception qui leur est extérieure et supérieure, mais où ils prennent vie et mouvement.
Dans la Psijchuloyie des idées-forces nous avons étendu la même théorie à toute une série d'idées, à commencer par celle du moi, — qui, elle aussi, se réalise en se pensant, — pour terminer par l'idée d'unirersel. Nous assurions ainsi d'avance les fondements de la morale. En psychologie, la question la i)lus essentielle est de savoir si les faits psychiques ont: 1*' une vraie réalité, et laquelle ; 2" une efticacitc, et de quelle espèce ; la morale à son tour, doit rechercher l'efiicacité pratiijue des mêmes états, jtour la tourner au profit du plus grand bien de l'individu et de l'humanité. 11 faut (pie l'idée du meilleur devienne force impulsive dans l'expérience, que la cause finale se fasse cause efficiente : que le subjectif soit objectif, que le moi tende à vivre consciemment la vie des autres et même, si on i-egarde assez loin, la vie universelle. Le point de vue des idées-forces, fondamental dans la science psychologique, est donc non moins fondamental dans la science morale.
On le voit, toute la série de nos travaux a eu pour but de montrer comment l'idéal, pensé et aimé par l'homme, pénètre au sein de la réalité, sous des formes conciliables avec le déterminisme mieux compris. Le même esprit animera la morale des idées-forces.