‹ Morales des idées-forcesChapitre 28 sur 150 · XLIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLIV INTRODUCTION

nous rayons fait, le moral proprement dit : 1° du physique, 2° du biologique, 3° du sociologique, 'f du métaphysique. Et c'est sur la nature mentale que doit se fonder la moraUté. Ce que MM. Durkheim et Lévy-Bruhl ont nommé la « nature morale » est quelque chose d'ambigu, qui désigne à la fois du donné (la nature mentale ou sociale) et du non-donné (la moralité que chacun doit faire passer de l'idéal dans le réel .

111. — Outre les faits de la natun^ humaine, avec les rapports de causalité qui les relient, la morale des idées-forces a un second fondement psychologique non moins essentiel; ce sont les (ins idéales de Thumanité. N'est-il pas dans la nature même de Thomme de ne pas se contenter de sa nature actuelle, mais de tendre à une nature meilleure? Après les réalités, le moraliste doit étudier les idéaux. Ceux-ci correspondent aux buts que [loursuivent les foncti^jns natuiM?lIes dr l'intelligence, de la sensibilité et de la volonté. Aux rappoi'ts fondamentaux de causalité nous devrons donc joindre les rapports non moins fondamenlniix de finalité. Ouand il s'agit de sciences ayant pour oljjcls des faits entièrement donnés et des lois données, comme la physique ou la chimie, le point de vue tlM'orique de la causalité doit être soigneusement séparé' du point de vue pratique des fins et moyens pour l'action. Mais c'est à tort que les partisans de la théorie des « nid'urs » veulent transporter la même S(''parati()n dans la morale. Celle-ci est précisément une théorie de la prati(/ue, une théorie des buts de l'action et de leur valeur com- [>arative. Le chimiste n'étudie {)as la fin de l'oxygène, mais le moraliste étudie les lins internes de nos diverses puissances et opérations mentales; il étudie les fins comparalivesde lavie individuelle et de lavie sociale, etc. Comment donc une théorie des fins à réaliser dans la pratiqua (touriait-ellc « abstraire toute idée de fins et de prali(pie»'? Il faut bien qu'il existe une science des objets les plus élevés que nous pouvons poursuivi'c ; or, dans celte science, théorie et prali(|ue ne peuvent [dus s'o{>poser, comme elles s'opposent dans les sciences

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