L INTRODUCTION
(les acles de sagesse, de tempérance et de courage ; c'est seulement par Unir côté ubjectir qu'elles sont justice el charité. Supprimez l'idéal personnel de science, de modération et de force d'âme, idéal que je conçois pour moi comme pour autrui, et vous aurez supprimé tout véritable idéal social, du moins tout idéal ollVant un caractère de moralité. La conduite, exige une subordination de nos fonctions psychiques les unes aux autres selon leur valeur, qui n'est pas uni(iU(Mnenl sociale. L'intelligence, par exemple, est supérieure à tel ou tel apitétit ayant pour objet le corps, au besoin de se gratter jiour se délivrer d'une démangeaison, besoin ipi'éprouve le plus stiq)ide des animaux comme le jdus intelligent. Les valeurs sociales sont elles-mêmes fondées sur les valeurs mentales. Inversement, les valeurs mentales ne peuvent atteindre leur entier développement et ne peuvent avoir leur dernier objet que dans etyK//'la société. Tout système exclusivement individiialisle ou exclusivement socialiste est donc une nmtilalion du réel 1 .
S'élevant au-dessus de ces svstîines contraires, la morale des idées-l'oi'ces sera j)lus profondément individualiste (pie toutes les autres. Celles-ci, en elVel, s'en liennenl aux manifestations extérieiu'es de l'individualité, à ses inb'réts, comme dans l'iilililarisun', à son ex|)ansion de puissance, comme dans le nictzsché'isme. Nous, nous irons au jtius profond de rindividualitc' nirme poui'ehercher ce (pii la c(mstilue, et nous découvrirons (pie le seul véritable individu est celui qui, grâce h la conscience, existe non |>as seulement en soi. mais pour soi. Lxisler c/2 soi, au fond, n'a ni sens ni valeur si on n'existe pas aussi pour soi, si on ne sent pas son existence, si on ne la pi'iise pas, si on ne la veut pas. Le moi. cncoi'c un coup, est une idée-force d'existence pers(tnnelle (pii se réalise en se concevanl. (pii se détache ainsi du reste pour former un tout nouveau an sein du grand tout. Nous devons donc C(Mninencer |»ar avoir un vrai moi. D'aiilrc part, la morale des idces-
,1, \(»ir plus loin, prcinifTc |>nr(io, livre qu.Tlrii'mp.
lONDEMEMS PSYCHOLOGIQUES DE LA MORALE LI
forcos sei'à plus profoiuléinoiiL univorsalisie (iiie toutes les autres, puisque l'uuiversalité > sortira de cette conscience même où rindividualitc st» constitue en se pensant, -le ne puis avoir un véritable moi qu'en concevant les autres et le tout. Ce qui fait l'individualité complète, c'est l'universalité immanente à la conscience; ce qui fait l'universalité complète, c'est l'individualité immanente à la conscience et seule cai)able, en pensant l'universel, de lui donner une existence. Que serait l'univers et où serait-il en tant qu'univers, s'il n'y avait aucune conscience pour le penser? Il s'évanouirait dans Téparpillement des phénomènes s'ignoranl l'uu l'autre : faute de l'idée du tout, (pii seule totalise, il n'y aurait vraiment plus de loul.
II. — Les considérations sociologiques sont beaucoup plus voisines de la morale que la biologie. Nous avons toujours considéré la société comme étant à la f(jis un mécanisme, un organisme, enfin un accord plus ou moins tacite de pensées et de volontés ; c'est ce que suit l'expression d'organisme contractuel. Il s'en suit que la sociologie doit étudier dans la société : I" une foule de faits statiques et dynamiques résultant de ce qu'il y a de mécanique en elle par certains côtés; •2" une foule de faits résumés dans les lois biologiques ; 3" les faits et lois résultant de ce qu'il y a d'intelleefuel et de volontaire dans les rapports sociaux. ])e plus, il existe ou il peut exister un art sociologique des moeurs, dérivé de la science sociologique des moeurs et aboutissant à des métbodespratiques pour modiliei'Ies UKeurs en un sensouenTautre. Nous admettrons doue, et même en les élargissant, toutes les doctrines solidaristes, j)Osilivistes et néo-positivistes. Mais nous rejetterons randjition qu'aurait la sociologie de « remplacer la morale ».
Le vrai rôle de la sociologie est de pr»''|>arer ou de confirmer la psychologie morale en recherchant quelle idée les hommes se sont faite et surtout se font acluellenieut de la moralitt'. Pour accomplir sa tâche, la sociologie ne peut qu'étudiei', comme par le dehors, la