‹ Morales des idées-forcesChapitre 33 sur 150 · LU INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LU INTRODUCTION

conscience morale, au moyen des institutions, lois et mœurs où s'exprime cette conscience. Mais, pour interpréter institutions, lois et mœurs, il faut toujours en revenir à la psychologie. La mctliode comparative suppose, avant elle, une méthode directe : comment comparer entre eux des termes qu'on n'aurait [)as (Tahord étudiés en eux-mêmes'? De plus, conformer notre idéal moral jtrésent à celui du passé, avec lequel on le compare, ne nous est nullement commandé, encore moins de le ccmformer aux rt''alités passées. Pourrpioi n'y aurait-il pas progrès et invention en morale? Pourquoi n'y aurait-il pas des créateurs de valeurs? Tels furent les liouddha, les Moïse, les Socrate, les Jésus. Rien ne prouve ([ue la série des créations morales soit close. Occupons-nous donc avant tout de l'état social présent, non pour en être les esclaves, mais pour en devenir les maîtres; ne lui obéissons que dans la mesure nécessaire pour lui eomniîinder ensuite. La morale eùt-elle été jusipi'ici inexistante, elle devrait exister: il faudrait l'inventer. Qu'on ne reproche donc pas au moraliste l'élévation de son idéal en lui objectant les mœurs des Algon(piins. Ce n'est pas aux Algonipiins qu'il s'adresse, c''est aux civilisés du vingtième siècle. Si ceux-ci, rentrant en eux-mêmes, y li-ouvent tous le même idé-al de pur d('sint(''i'essement en vue de l'universel, il ne sei'vira à rien de dire que les anciens sauvages s'occupaient seulement de leur clan, non de l'universel, (-eci eidmdu, il reste vrai que les jdus anciens sauvages avaient dt'jà leur moralit»' et (pie, sur im pdinl. elle l'essemblait à lanêdre : ce point, c'est le désinléressement, c'est l'abnégation en vue d'autrui. I/aulrui n"(''lait (|ue te clan, soil ; c'(''lait cependant aulrui, et l'acte dedt'sintéressement en vue du bien commun était luujuurs de lamème naltire intime que celui d'un Hi'gulus ou d'un (i'Assas. La variabiliti' et la relativité morales sont e(;rlaines si on ent<'nd par là la variabilité et la relativité de l'idéal moral, «pii est en grande partie fonction de l'étal social et aussi de l'étal individuel : mais l'inleidion morale est toujours la même en sa somce. niak-n- la

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