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VRAIS PRINCIPES DE LA CLASSIFICATION PSYCHOLOGIOUE

I. Piimauté philosophique et scientifique de la conscience par iaj)poit à tous les faits internes et aux idées de choses ou de phénomènes. — H. Primauté i)hilo-;()phi<(ue et scientifique de la conscience par rapport aux calég^ories objectives. — III. Hépouse aux objections de la uiélaphysi([ue mécaniste contre la primauté de la conscience. Point de vue psychologiciue et point de vue social.

En psychologie, comme dans toutes les autres sciences qui ont pour objet des réalités, la classification est possible et nécessaire. Le biologiste peut classer sijienlifiquement les plantes et les animaux selon le degi'é et les formes de leur développement, selon leur structure et leurs l'onctions; il ()eut établir ainsi une échelle « de complexité dans lunité », des degrés dévie intensive et extensive. Pouripioi le psychologue, lui aussi, ne classerait-il pas scientiliquement et les fonctions nitntatcs, dynamisme intérieur, et les « l'actiltés mentales » (jui en sont comme les organes ou condilions statiques (bien ipi'il ne faille voir en ce nom de facultés (pi'uii terme gt'iK'ral et ab.'.tl'ail)? Poitr(pioi ne classerait-il pas aussi les êtres psijchiqucs et les caractères où ils s'expriment, ce que les anciens appelaient les '( Ames », ce que nous appelons les consciences ou les individus sentants.

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En fait, depuis que les hommes pensent et vivent en commun, ils ont conçu et pratiqué une classillcation de ce genre ; la psychologie moderne doit, selon nous, donner une forme scientifique à d'antiques jugements de valeur comparative qui. sous leur forme spontaucc, n'étaient encore (|ucdes appréciations populaires, nuiis dont nous reconnaîtrons l'importance en morale.

rHIMAlTl': PHILUSOI'UIOI i: KT SCIKN riIMjl E Hr. I.A CONSCIKNCK PAR RAPPORT A TOLS LKS FAITS INTKRNKS KT AIX lUKKS l)K CHOSES Oe UK PHKNOMÈNKS.

La conscience est : 1" la réelle et commune condition de toutes nos idées de choses parlinilirres et {\q phénomènes particuliers; '1° la condition de notre idée-force de Viiniversel ; 8" la condition de notre moi individncl et île Tidée-force (ju'il a d" soi. A ces trois points de vue, on peut dii'C (pie la valeiu* théori(|ue de la conscience est première.

S'il en est ainsi, la conscience ne doit pas être classée ou évaluée théoriquement comme une chose particulière, existant à côlè d'autres choses |)arliculières, sorte d'atome S(''|>ar('' de ses voisins par un trou vide. Elle est plus qu'une chose. Elle est plus aussi ^\\\\\\\ phénomène ou np/Kirence pour une conscience ; elle est plus (pTune donnée ohjcclire (pielcon(pie. Elle est le réel sulijeclifet interne (|ui rend possible, par abstraction de soi ou par extension de soi, toute conception de pluMiomène, toute représentati(jn dobjel et aussi de sujet. Nous n'al- Iriliuons |tas |>our cela à la conscience une portée en dehors de ce monde; nous ne la plaçons pas elle-même dans un royaume transcendant, comme le faisait volontiers Tancienne ontologie : nous admettons que la conscience est immanente et a une valeur innnanente. .Mais cette valeur est supérieure au système des jdiénomènes

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proprement dits, piiisipie la conscience esl leur cofi- (jition interne. Les pliénoniènes, même ceux île la vie, apparaissent nécessairemeni à un être conscient, subissent nécessairement les conditions statiques et dynami<|ues de sa conscience. C'est ce que Kant a montre, mais en retirant cà la conscience son caractère <le réalité pour en faire un simple sujet logir/ue: nous, au nom de rexpcM'ience, nous maintennns la réalité, (|uelle qu'elio soil, de ce qui se sent, se pense et se veut.

La physiologie peut déterminer, parmi les conditions d'a|)paritioii et de dis|tari[ion pour notre conscience individuelle, les conditions qui se trouvent dans notre organisme, notamment dans notre cerveau ; mais la plus subtile biologi(\ comme la plus subtile mécanique, ne rendra jamais compte de la conscience même, de son essence constitutive et de sa vraie origine. Le mc'canisme matériel ne fournira jamais (juo des conditions extérieures d'espace, de temps, de nombre; il n'expliquera jamais en sa nature propre la simple sensation consciente de bleu ou de rouge, par exemple, eùl-on com|)ti' à une près les milliards de vibrations lumineuses ou nerveuses répondant à ce (|ue nous sentons bleu ou rouge. La superstition niécaniste ne doit pas nous faire croire que le mental puisse être percé à jour en ce qui constitue sa réalité, ses actions, ses états sui generis : plaisirs ou douleurs, sensations de mille espèces, impulsions de mille sortes, bref, tous les modes de conscience, toutes les nuances sans nombre de l'arc-en-ciel intérieur. L'explication positive ne porte pas sur ces modes comme tels, mais simplement sur leurs rapports de concomitance et de séquence, ipii sont iwtrinsèques et non intrinsèques.

Dans notre Scienre sociale conlemporaine, nous avons accordé aux biologistes (pie le cerveau est un appareil nMdti|)licateur et condensateur; nous en avons conclu que toutes les cellules céré'brales doivent icnfernier l'élément mnlli[)lié et condensé qui, par le côté

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interne, est psychique, c'esl-à-dire l\''k'ment sensitif rt appr-titif. Los cellules cérébrales, selon nous, ne se eoutenlenl pas de vibrer inalt'riellement à l'unisson ; elles sentent et ont des impulsions à Punisson, ce qui proiluil le senfiorium ro/7J/7n/;ît' eKparune fusion de plus en plus Coni[)lète, la conscience einpiri(|U('. Nous avons comparé le cerveau à un stéréoscope où viendraient coinci«)erdes millions d'images similaires formant par leur syntlicsc un seul et même persomiage qui dit moi, moi ayant tels modes caracl<''risti(|ues, telles d»''terminations. >lais cette comparaison ne doit pas être prise pour une explication du mental en lui-même. Il est bien clair ipu' nous naurions pu. sans cercle vicieux, prétendre expliquer ni la sensation, ni l'appc-tilion, ni la conscience, ni l'existence, ni tout ce <pii est supposé dans rexjdiration. Nous avons seulement voulu faire voir qui' ruiiitt' (lu moi d'expérience, (pii est notre earaeti're et notre histoire résumée dans la memoiie. e>l Innile d'une totalit('', dont les ('li-menls ne sont pas seulement aj(Uit(''s d une manit're matli(''mati<iue, mais combinés d'une manière plus que chimiipie, secret delà vie. Et ce secret est identique, |M)ur nous, à celui de l'existence, car nous croyons (pu' rien de ce qui est nest mort ; il est identique à celui de la sensibilité et de la volonté, car nous croyons ipjc rien n'est absolument insensible cl inerte dans la nature : enlin il est idenliipn', en dernière analyse, à celui de la conscience. Mais ce secret flemeiH'c impénétrable. Il l'est sous la double forme de rindividualilt'- <'l de l'universalit»', ipii s"iuqili(pu*nl l'une» l'autre et ne sanr'aiiMit se compremlre l'unie sans l'autre. Imlicidiuim ine/J'dbilc. aimait à re|teter Sclio|)Cnhauer, et nous ajoutons : l'nirersiim ine/fahile. Woii il suit (|U*il est iniidelligible de chercher une explication jiliysiologiqu<', soit de la forme esseidielle de la conscience, soit de son fond et de ce (\\n la constitue. Le phénomène physiologique a lui-même (-(dte forme et su[q>osece fond, jiuisquil doit être donne à notre conscienec. devenir objet poiu" ce sujet qui est moi. La biologie ne ramènera

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