PRIMAUTE THEORIQUE DE LA CONSCIENCE
primaire et fournit les éléments pré-critiques sans lesquels la critique serait impossible.
Concluons que la relation de finalité s'objective et se réalise vraiment elle-même, sous sa forme la plus haute, dans et par la conscience, surtout par la conscience réfléchie. Une fin ne peut être pour nous qu'un état de la conscience, état tel, s'il s'agit d'un but ultime ou d'un « souverain l)ien », que la conscience ne poursuive plus rien au delcà et y trouve sa complète satisfaction intellectuelle, volitive et sensitive. C'est, au fond, la conscience même en son intégralité, la conscience pleinement pensante, voulante et sentante, qui se pose comme lin : in me conrcrlile...
REPONSE AUX OI5JECTI0NS DE LA METAPHYSIQUE MECAMSTE CONTRE LA PRLMAUTÉ DE LA CONSCIENCE POLNT UE VUE PSYCHOLOGIQUE ET POINT DE VUE SOCIAL
Il existe, sous le nom même de jisycliologie positive, une métaphysique mécauisle (pii veut rabaisser la conscience au-dessous du machinisme et en faire une imperfection, une non-valeur. « Tout fait de conscience, a dit M. Paullian en s'inspirant de Ribot, (pii lui-même s'était inspiré de Maudsiey et de Spencer, toute pensée, tout sentiment suppose une imperfection, un retard, un arrêt, un défaut d'organisation ; si donc nous iirenons. pour former le type de l'homme idéal, celte qualité que toutes les autres supposent et qui ne suppose pas les autres, Vorganisaiion, et si nous l'élevons par la jtcnsée au plus haut degré possible, notre idéal de l'homme est un automal e inconscient, merveilleusement compliqué et unifié'1).» — Ce prétendu idéal ne serait-il j)oint une chimère,
(1) Le désir et la science murale. Revue philosophique, déc. 1886.
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par laquelle on serepail iki formel aux dépens du substantiel? L'oryanisalion, en ellel. se trouve iei ramenée à l'unité dans la complexité, (pii n'est que le vieil un dans le plusieurs des Pytliaj^'ore et des IMaton. Or, en quoi peuL nous satisfaire \'un ilans le plusieurs, sinon : 1" comme facilité d'exercer les deux opérations analytique et syMtli('ti(pie de rentendemeiM. par consé(iU('nt aussi coninic plaisir de renlendi'menl ? '1" comme facilité dexcrcer nos puissances vitales et de jouir en actpiéranl le sentiment de cet exercice ? Supprime/ la conscience, par cela même toute iideHij^^ence, par cela même aussi toute jouissance, je voudrais bien savoir en quoi \'orfjanisalion paraîtra un o idéal », en quoi un aulomale inconscii'ul paraîtra sujiêrieur. Nous n'apprécions l'automatisme que parles ellels qu'il peut avoir sur et dans une conscience, n«' lùl-ce (pie la nôtre, (pii conijtrend l'in^'éni^tsilé de l'automatisme et jouit de cette comju'élicnsif»n.
L idée même (Vorr/anisalion, (pi'on veut ()p|)0ser h la conscience, n'est qu'une conception de la conscienee. N'est-ce pas au sentiment (]\\ semblable et du dissemblable ([ue nous devons celui de l'unité et celui de la nudti[)licité. fîermes de toute idée d'harmonie, de varicb' ramenéi' à riniit('', de comitlication réduite à la simjtliciti', consécpiemment d'organisation ?
Déformant et transformant en paradoxe une idé-e devenue banale depuis Maudsley. S|teneer et Uibol. maisqiu n'en est pas mijins fausse, Nietzsche accuse à son tour la conscience de révéler une imperfection et d'être le contraire d'une valeiM'. pareeipi'ellesiqqtoseun aulomali^me encore n)al ('labli. " Toute action parfaite. |tnlend-il, est précisément inconsciente et non plus vonIik' : ta conscience exprime un ('lai personnel iuqiarfait et souvent maladif \ . - — ('/est Jom'r>m'lesm(ds. Toute action mèranif/ue, pour être parfaite tm''cani(|nement, sujqiose la SUpcrMuitt' et l'absence d'une direction consciente : mais,
(1) Volonlé (le ituissanff. ir. fr. I. 22'.*.
l'RIMALTi; TIILORlyUE DE LA CONSCIENCE 45
clh'Z r»Mr(' vivant r[ srntaFil. raiittjmalismc même a |ioiii' luil tic pcriiit'tti'O à la coiisriciicc de ne plus ('li't' allciitivo à ce (jui est dt'jàacniiis et oi'ganisé. (raeqnérir ainsi des [luissancos et jouissances siipérionrcs. Nulle part, clioz Tètre animé, pour lo biologiste iniparlial. le mécanisme n'est une lin ; il n'est jamais qu'un moyen au service de la conscience, fia preuve la plus frappante en est dans l'espèce humaine, qui nous montre une si complexe organisation automatique au service d'une conscience montant toujours plus haut à la conquête de joies plus élevées, lesquelles n'ont rien de « maladif ».
Qu'est-ce. d'ailleurs, qu'une valeur qui ne vaut pas ou pour la conscience de l'être où elle se trouve, oupour la conscience d'autrui'^ C'est l'équivalent d un son qui n'aurait aucune oreille pour le saisir, d'une lumière sans œil pour la voir. Il n'y aurait alors ni son ni lumière ; il ne resterait que des transports d'atomes dans l'espace aveugle et sourd. Nietzsche parle de « l'absurde sureslime de la conscience > : ne serait-ce point sa méseslime qui est " absurde "? Il ne voit pas que rien n'est digne (Vestime, ((ue rien n"a une valeur réelle intrinsèque, qui ne vaut pas pour soi, c'est-à-dire ne sent pas sa valeur, n'en a pas la conscience et, par un développement supérieur, l'estime consciente, bien plus, l'estime ré/léchie. Qu'est-ce (|ue la « volonté même de puissance et de dominai ion ". sinon une conscience nette ou vague de (fuelque manque produisant gène, |)uis de qui'tque salisfaclion idéale, déjà commencée par la [)ens('e. qui serait ju'opre à combler le vide? F. a « puissance » dont Nietzsche poursuit l'expansion ne Iteut être une force inconsciente, car alors elle serait profondément indillérente à elle-même, étant pour soi comme si elle n'existait i»as. File est une conscience de puissance : ce que l'homme veut, c'est la conscience de la puissance. Il faut donc bien admettre avec nous que la puissance n'a de prix, au sens philosophique et scientifique du mol, que par sa synthèse avec rintelligence et la sensibilil»'' : sans conscience et
jouissance, la puissance ne serait pas salisfaite ou ne conserverai! qu'une valeur de quanlité, non de <iualité. Du reste, la puissance qui a conscience de soi et jouit de soi est deux lois, trois lois puissante; ell«' l'est pour elle-même, non pas seulement en ellemême et /loiw les (iiilrea. I.e mépris illo^'icpie que Nietzsche altecte pour la conscience au pi'otil de la jiuissancc se retourne C(»nlre lui. Le seul moyen pour une puissance de se « dépasser » et de se « surmonter », c'est de j)rendre conscience et jouissance de soi. comuu"i aussi conscience et jouissance d'aulrui et du Tout.
On peut en déduire ([ue, tliéori<|ueinent considérée, la valeur est une conscience de quehpie étal (Ju sujet en rapport avec quchpie ohjet. Là où la conscience cesse, (|U()i (pi'il puisse rester (s'il reste queUpie chose), toute valeur a disparu avec toute satisfaction <l'une des puissances <pii constituent la conscience cpie le sujet a de soi. l'ne '« tahle de valeurs » n'existe donc, i'éj»élons-le, (pie dans, /xjr et jxxir lu conscience ; c'est, au fond, ime tahle d'idées-lbrces.
Ce n'est pas tout. Lauton)atisnnu^ntii''reuient im-onseicnl, ([ui serait, dit-on, le |)roduit linal de l'évolution, est chose impo.ssible et contradictoire. C'est ce (|ue Cnyaii. partisan de la « vie » et non du machinisme, a «lemonli'e dans sa conclusion iV /ùlii<'<ilion et llèrèdiU\ «pi'il présente Iroj» modestement ennune •• une contribiilion à la tln'orie des idé'es-l'orces -> et où il soiMienl. • •onime nous, les litres supérieurs du conscient. Celte « coidi'ihulion » est si originale et si piolianic. (piOn nous [M-ruM'Ilra de la résumer ici en t(»nles ses parties cl de la Tondre avec notre propre doctrine». L'automatisme inconscient, dit Guyau. ne pourrait être que rorj^Mni.sation parfaite des expériences ou |)ercoplions/^a.v.svV.s- ; or, ces pj'rceplKuis pass(''es ne peuvent, dans l'individuel dans la race, coïncider enlièremenl avec les perceptions ^z pcn/r(pn' si on siqipose riionnne |dac('' dansiin milieu idetili(pM', c'esl-îi-dirc //• monde (ii-i-Olè dans son riudnllon. .Mais un tel arrt'd n'csi nj a<lmissihle scit nlifiqiiciiienl. ni
PRIMALTli TlItOlIOUE DE LA CONSClLiNCE 47
pratiquement désirable : il n'ollre cuiciin des caractères de l'idéal. « L'idéal pour riiointne uest donc pas Vadaplation une fois pour toutes au milieu, adaptation (pii aboutirait en ellot à l'antomatisnie et à lineonscience » ; c'est « une facilit»' croissante à se rêadnj)ter aux changements du milieu », une < édncabililé (pii n'est autre chose qu'une intelligence et une conscience toujours plus parfaites l) ». Si, en ellel, s'adajiter aux choses est œuvre d'habitude inconsciente, s'y réadapter sans cesse est la earactdrislique de rintelligence consciente et de la volonté ; c'est l'œuvre même de l'éducation. Ainsi Guyau répondait d'avance, sur ce point comme sur tant d'autres, aux sophismes empruntés par Nietzsche à Si)encer et à Maudsley. Mais le plus curieux est que Nietzsche, ici, se contredit. En etïet. il n'admet pas plus que Guyau une évolution arrêtée ; il croit, comme Guyau et comme nous-mème, à la possibilité de se dépasser, de " se surmonter sans cesse », que nous avions appelée « iallexibilité indélinie de rauto-(]éterminismc se modifiant par l'idée de ses modifications possibles » (2) ; il fait même* du progrès en avant la caract(''ris(ique de la » vie », comme Guyau, et celle de la vraie liberté, comme nous. Par (|uelle aberration peut-il donc imaginer un automatisme mécanique qui fonctionnerait ('lerncllemenl de la même manière sans avoir besoin de se remonter soi-même et de s'adapter aux nouveautés du milieu? Nietzsche, en poète, prend ses idées de C(')té' et d'autre, sans s'apercevoir (pi'elles se contrarient ; Guyau, meilleur logicien et philosophe, avait eu raison de dire : <■< La conscience n'est pas purement et sim[)lement un acte rt'llexe arrêté, comme les psychologues contem|»orains la définissent si souvent ; c'est un acte réllexe corrir/é. remis en rapport avec les changements du milieu, phdôl remonté (piarrèlé. » Et l'idéal n'est i)as de supprimer
(1) Éducation et Hérédité, p. 213.
(2) La Liberté et le Détennininnie.
cette réadaptation au milieu; c'est « de la rendre conliniie par la prcvision conscionte des cliangemonts que doit amener la double évolution de Tliomme et du monde >». Cette prévision consciente supprimera les chocs, les surprises, les douleurs, non pas en au}:;mentant la pai't de lautomatisme, mais en augmentant celle de rinlelligence. « l/iutelligence seule peut nous préparer pour l'avenir, nous adapter à l'inconnu partiel du temjts et de l'espace. » Cet inconnu, ajoide Cuyau, « (Quoique non présent encore à nous, est itri'ligiu'é |>nr des idées, par des senliments; de là un milieu moral et intcdiectuel, un milieu conscient (Hïque\ nous nepouvor.s pas échapper et qui nous garantit lonjours contre l'automatisme » (1^ C'est, ajoulcroiis-nous. le milieu des idées-forces, se modihant sans cesse et modiliant la réalité conformément ;i elles-mêmes.
Cuyau déclarecomme nous" superlicielle •' iaeroyaiice (pu' la connaissance tend à l'automatisme, sous prétexte (piVlh^ se sei't de la mémoire poui- y (Mumagasiner des idées: la science aurait ainsi, dil-il. jionr idi-al hi roiiline, conséquemmenl son conlrairc même I l'.t il rt'pond que la science nest pas constituée seidemenl par le savoir acf/iiis, mais par la manière d(jnt on emploie ce savoir pour eonnaitre toujours davantage et al)Oulirà des actions mxircUes. C(tmme preuve, Cuyau eileeefail i\\\o le progri'S augmente eonstauunent le nombre des machines sous la main d(^ l'hounne, mais ne Icnil nullement à transformer riiounue en machine. <i Userait /i*^///'» — avisa Nietzsche, ipii avait peur par-dessus tout d'élre naïf ci l'iMait si souvent — ■ île croire que la part d(^ I inconscieid soit |»lus forte chez un savant <|ue chez un paysan, pai' exeuqde ; chez le savant, rim:onsei<MJt est sans doute beaucoup pluscom- |di(pié ; il otVre, comme son cerveau, des eii-convolutions et «les sinuosités sans nombre, mais la conscienec est aussi di''veliq)|M'M' lians des proiiorl ions plus forles. »
1) Èducalion el lléréililé, p. 214.
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Giiyaii tiiiil parpronuncor le mol décisif: « Il est élrange, en somme, d'avoir à démontrer que l'ignorance seule est routine, et non pas la science! »>
Puis, faisant allusion à une image bien connue de Spencer pour la retourner contre ses disciples, Giiyau fait observer (|ue, si lasplièn» croissante du savoir augmente toujoiu's st's points de contact avec rincomui, toute adaptation de Tintelligence au connu ne fait que rendre plus facile et plus nécessaire une réadaptation à ime autre connaissance plus ('tendue. C'est pour cela que la curiosité augmente avec la science et rinstruction. L'Iiomine inférieur n'est pas curieux dans le vrai sens du mot, curieux tV idées: nouvelles, de généralisations plus hautes. « Ce qui sauvera la science, c'est ce cpii I a constituée et la constituera encore, la curiosité éternelle» (1).
Toute philosophie des idées-forces admettra avec Guyau, au rebours de Maudsiey et de Nietzsche, ce principe essentiel de la classitication psychologicpie : « l.oin que l'organisation parfaite doive aboutir à l'inconscient, il est impossible de se tigurer une onjdnlsalion parfaite sans conscience. » Ce n'est fias Guyau (|ui se serait imaginé le surhomme comme un summum de puissance sans conscience I 11 constate, au contraire, que le génie produit plus tôt et plus lard, que sa fécondité ne se suspend pas et subsiste jusqu'auprès du tombeau : « le génie voit moins *\\ie d'autres venir la mort, comme s'il était moins fait pour elle. » L'évolution de la conscience tend donc, chez les types siq)('rieurs de l'humanité, à emjilir toute l'existence. " C'est ainsi (pu' la nature tend à dimiiuier toujours davantage cette longue nuit de l'enfance inconsciente et de la vieillesse imbé'cile qui existe aux degrés inférieurs de l'humanité, .\ussi, en voyant reculer pour la conscience humaine la limite de sa fécondité el de son éducation continues, ne serait-il pasanli-scieetili pie
(I fbid., p. 2i.->.
50 MOli.VI.l-; ItKS il)i:es-forces
(ros|>éroi' (in'iin jour |iciil-iii'e, après bien dos siècles, |ioiiri'onl reciilcM' aussi les limilos do son oxislence : iiolro oervoau doviondra plus vivaco que lo reste iU' notre eorps. Non seulement par sos idées les plus universelles et les idus impersonnolles. mais par la courbe nuMue de son évolution, par la puissanoo et la durée toujours grandissante de sa féeondilé intérieure, la oousoionee humaine portera toujours davantaj^e en olle-mémo, ponr ainsi dire, plus d'immortalité I), >>
Guyau avait profondément compris le vrai développement de la puissance, que Nietzsche devait si superliciollomont concevoir ; Guyau en avait fait l'analyse scientilifpie, Nietzsche en lit le roman fantaisiste. i*our nous qui recherchons, dans la classilication psycholoi,àqiM', la vraie subordination descai'actcres au caractère dominateur, nous pouvons conclure que, loin d'être une siq>erfélation, la conscience est la valeui* primaire. A la « volonté de puissance >», nous sid»stituons pai'toul, comme l'essort de l'être, ce que nous appellerons la volonté de conscience.
La vie même, à laipn'lle Giivau s'est an'él('' connue au princi|ie jiremier dont rintiiilion nous l'i'vèie le ré'el, nous semble inlV-rieui'c à ce ppuvoir d'iiiluilion intei'ue (pii est la ccuiscienee et sans le(piel la vie ne se sentirait pas, n'aurait pas intuition de soi. \a\ vie est une conseieuiM* plus ou moins siturde d'uu elVoi"! inler'ieur en liaruKinie on en conilit avec rexli'rieur ; ccuisidérée du c('»te pliysi(d(>t,nipie. elle est niécanisnu' : du côté' j)syhoeloiii(pie, elle est conscience ou rudiment de conscience.
Kn outre, nous allons |)lus loin (pu* Guyau el (pu> Nietzsche en ce (pu* nous nous plaçons surtout au point de vue social, qui est !•• Iriouqdie de la couscience. La thé'orie de l'anlomatisun- peid encore paraître plausible quand il s'a^'it de nos ra[)|»orls avec lemiuide matériel, car ces rapports, en ;4rande partie, ont besoin d'être
.1) hducalion el llérédilé, 2'2A.
l'RIMALTb; TlIEORl(}UE UK LA CONSCIEXCE 51
mécaniques ot inconscients ; mais, (iiiaml il s'agit de nos relations avec nos semblables, la conscience devient à la fois le moi/cn et le but. Se ligure-t-ondenx amants qui ne pourraient mécaniquement se quitter, mais ne sentiraient aucun plaisir lun en face de l'autre ; deux époux qui procréeraient des enfants sans rien sentir et qui, <'n3uile, les élèveraient sans les connalb-e, sans Jouir •de leur présence'^ Imagine-t-on un repas où les convives mangeraient et boiraient en commun sans avoir conscience, causeraient entre eux des nouvelles du jour sans avoir conscience ? Se tigure-t-on surtout un laboratoire où des savants feraient des expériences et des découvertes automati(|uement, sans savoir ce qu'ils font ni ce qu'ils disent? C'est ici qu'éclate, prenons le mot au sens latin, la stupidité de la doctrine automatistc, (|ui prend précisément pour idéal de rendre riiommc slupide. Les relations sociales, les relations des sujels entre eux sont essentiellement des relations conscientes, ((ui ont pour but, non pas l'affaiblissement progressif de la conscience, mais son exaltai ion progressive en une lumière déplus en plus intense et étendue. Voilà un point que l'on ne réfutera pas, car la société est le vrai et indiscutable milieu des idées-forces.