‹ Morales des idées-forcesChapitre 49 sur 150 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

PRIMAUTÉ l'RATIOUE DK LA CONSCIENCE DE SOI

I. Loi lies i(lées-lorco>, principe de l'i^v.tlii.ilidn inoralo. — 11. Hrponse aux objections contre la ])i-iinauté pinti(|ue de la conscience. Valeur pratique des diverses oi)érations de la conscience.

LOI DES IDKKS-FOnCES, PniNTIPK I)K I. KV.M.IATION MOnAI.K

La supériorité llK'nricjiio de la conscience devient siijtériorité pratique en vertu de la loi des idées-forces. Si les idées sont actives, c'est parce qu'elles sont des étals ou actes de conscience teiidaiil à se conserver et à se dévelopjier, non seulement en eiix-inèmes, mais encore avec leurs relalions. Ies(|uelles impliquent des objets. \a' moFide (dïjeclif devient donc une condition du mond(! subjrclir des idi'cs-forces ; la volonté de conscience inlêrieiire devient volont»' de conntiissance exlcrieure ou de science, avec j(tuissance inséparable (lu d(''velo[qiement de la conscience et de la science. Kn outre, le pro[»re du moi humain, lid «pie l'expérience nous le n'vèle, est de se réaliser lui-même, avec ses f/ualilt's et ses relulions. |»ar l'idi'c ipiil a de soi, de ses degrés de valeur psychique et de ses rapports avec les autres iHres. Dès lors, le point de vue [>rati(pic des hicns est iiisi'parable du point de vue spéculatil' des fnils v[ des /o/'.s- : le moral est insc'parahle du scienli-

Iniue et du philosopliiqiu'. La loi intellectuelle des idées-forces fonde ainsi l'appréciation des actes. La morale occupe une position unicpie : elle tire sa matière lie la réalité, intérieure et extérieure, mais, en même temps, elle condamne et nie partiellement le réel en faveur de valeurs nouvelles, conçues par la pensée ; ces conceptions, à leur tour, déterminent la réalité même par l'idée. C'est dire que les forces en action dans le monde et en nous, quelle qu'en soit la nature intrinsèque, Unissent par se concevoir dans notre conscience et, en se concevant, en devenant idéea, jugent le réel, le moditient, se révèlent idées-forces.

Bien plus, Tidée-force peut devenir une véritable invention morale. Tout comme il y a des conceptions de ^M'nie dans la science théorique ou appliquée, il y a des idées de génie dans cette psychologie ou sociologie appli(iuée qui est la morale. Les Socrate. les Bouddha, les Jésus ont été des iniliateurs et, en une certaine mesure, des créateurs, par les idées-forces en partie nouvelles ((u'ils ont introduites dans le monde : ils ont été des Copernics et des Newtons du monde moral.

Le point de vue auquel nous nous plaçons ainsi est scientifique : il exprime la réaction expérimentale de la pensée sur l'acte, de la conscience sur la vie, de la théorie sur la pratique, delà science sur les faits. Cette réaction est à la base de tout art dérivant d'un saroir; elle est aussi à la base de lart par excellence, l'art de bien vivre.

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