‹ Morales des idées-forcesChapitre 62 sur 150 · CLASSIFICATION SCIENTIFIQUE DES ETRES I · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION SCIENTIFIQUE DES ETRES I

sairement la mosiiro de toiitos choses, mesure à laquelle les choses se conforment de fait? En définitive, c'est encore avec notre pensée que nous construisons l'idée d'un monde débordant notre pensée.

On le voit, en suivant toutes les directions de la science, une morale des idées- forces a le droit de chercher partout des éléments d'appréciation scientili<[ue et pratique. Nous venons sans doute de reconnaître que ces éléments se ramènent, pour la plupart, à des satisfartions de notre inteliujence (comme la supériorité du possible sur l'impossible, du nécessaire sur le contingent, de la substance sur l'accident, etc.); mais ces satisfactions intellectuelles entraînent des /o/es, qui leur communiquent le caractère de bien proprement dit. Et la joie intellectuelle vient précisément de ce que notre intelligence ne nous a{)paraît pas comme simi)le instruuKMit subjectif de plaisir, mais comme condition d'objectivité, de développement harmonique avec l'objet. Les points de vue subjectif et objectif sont indivisibles et également nécessaires. Sirintelligence ne peut comprendre sans jouir, elle ne peut davantage jouir sans comprendre, sans jouir de ce que les choses sont telles qu'elle les comprend. C'est donc bien dans son désintéressement intellectuel que l'homme place son intérêt sentimental. Espérez-vous une abnégation plus absolue, comme celle d'une intelligence qui, par hypothèse, serait indifférente h. l'intellection ou même en soutTrirait ? On ne saurait vraiment demander à l'être intelligent de se dévouer à la vérité sans l'aimer et sans être heureux de sa possession.

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