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PRINCIPES PROPRES DE LA MORALE DES IDEES-FORCES IX

partie mobile et progressive, qui n'exclut pas les points immuables. Elles a sa dynamique et sa stali((ue, à la fois individuelles et sociales. Loin d'être absolument fixes, les idées changent selon les rapports nouveaux qui s'établissent dans la réalité ou qu'elles y établissent elles-mêmes par les nouveautés qu'elles révèlent.

En vertu de ces principes, notre livre sera à la lois une étude des réalités et une étude des idées, en tant que celles-ci sortent du réel même et peuvent réagir sur le réel. Si l'on songe à la hauteur du but et à la complexité des questions qui se rapportent à la morale, on excusera sans doute rambition que nous avons eue d'éludier le problème sous toutes ses faces et de chercher un principe capable de les unifier; on excusera surtout l'inévitable insuffisance des r-ësultals. Un moraliste poète n"a-t-il pns dit :

Pour faire un pas, il faut vouloir en faire cent d).

APPLICATIONS LES PLUS GENERALES DE LA LOI DES IDEES-FORCES. LELR CARACTÈRE IMMANENT

Ce n'est pas encore le moment d'exposer une doclrine qui, pour se montrer sous ses divers aspects, demandera un volume. Disons seulement que les idées fondamentales de l'éthique, dignité, valeur, bien, devoir, responsabilité, droit, etc., une fois transposées dans le domaine de l'expérience intérieure et extérieure, acquerront une portée vraiment positive et un sens immanent. iNe s'édifiant que sur des idées et des faits, notre élhicjue se gardera de devenir une « métamorale >;.

Quand nous étudierons le sujet conscient, nous verrons que, pour l'homme, l'idée de dignité est déjà la dignité en sa source première ; c'est elle qui nous confère une

(\) Guyau, Vers d'un philosophe.

X PREFACt

valeur matériellement inestimable. De même, si j'ai l'idée d'une fin. je me pose par cela même une fin immanente; tel est le pouvoir de la pensée réflécliie. La reelierclu» des fins par Ibomme est un fait scientifique qu'on n"a pas le droit de nier ou de négliger, quelque opinion qu'on se fasse sur l'extension transcendante de la finalité à la nature. Non seulement l'idée de fin se réalise chez le sujet capable de la concevoir et de l'appliquer, mais nous verrons que cet être devient j^our lui-même une fin. nécessaire à la pensée de toutes les autres et à leur réalisation. Que riiomme soit « fin en soi », c'est matière à litige entre m(''lPi»hysiciens ; mais, de fait et de droit, riiommeest//V2/>ow/'5o/, iiarcela même pour les autres êtres conscienls, capables de le concevoir et de se concevoir sous l'idée de fin. Ainsi, dans la morale des idées-forces, subsistera une finalité vraiment interne.

Quand nous passerons à la considération des objets, l'idée de valeur objeclivc ou de bien conservera le même sens immanent. En t»ensant les diverses valeurs et les divers biens selon les catégories de la quantité, de la ((ualité et de la relation, l'homme les actualise et crée une " table de valeurs », non pas arbitraire, mais établie fl'après toutes les données des sciences objectives. Connailre, c'est constater c(^ qui est ; évaluer, c'e>t réagir, soit dans le sens de ce qui existe, pour le maintenir ou y ajouter, soit à l'opposé de ce qui est. pour le supprimer et le détruii-e : dans t( us les cas, on n'-agit pour modifier ce qUi est. Il y a donc, chez celui ipii évalue, quelque chose qui « répond à la réalité comme » mais n y « correspond •- pas 1 . Que peut être ce (juelqur chose, sinon une idée-force de ce (|ui est le meilleur* La valeur, c'est le désiré ou le désirable. Lr désirable est lui-même une forme du désiré : il est rol)jet du désir que nous avons d'atteindre une salisfaclion toujours plu> conqdele de nos fondions mentales. Dans l.i <l(»clrine des idées-forces, on verra cette idé<'de valeur conférer la valeiu* primaire à l'être «jui coii(;oit cl

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