‹ Morales des idées-forcesChapitre 95 sur 150 · PERENNITE DES SOUTIENS ESTEIETIQIES DE LA MORALES · texte numérisé non relu

PERENNITE DES SOUTIENS ESTEIETIQIES DE LA MORALES

tandis que son esprit venait d"ancètres supérieurs. Mais la iihysionomie, ([iii est plus véritablement individuelle, corrige les laideurs héritées; elle peut même, à la longue, réformer les traits, intelleetualiser un visage d'abord plus ou moins simiesque. Selon Speneer, il est inévitable qu'avec les siècles l'équilibre s'établisse, au sein de l'humanité, entre les divers éléments fournis à l'individu par l'hérédité. Le progrès fera disparaître l>eu à peu les discordances : la beauté extérieure teii-' dra à exprimer, avec une vérité de plus eu plus tîdèle, la beaut(' intérieure du tvpe. A la limite, dans la société idéale de l'avenir, les traits et la physionomie seraient le parfait miroir de la grâce ou de la laideur morales. On lirait sur le visage de chacun ce que vaut son esprit, ce (pie valent les idées-foi'ces qui le dirigent. Si ce rêve se réalisait de plus en plus, au moins pour la moyenne, ce serait un nouvel appui esthéli(pic de la moralité: par une sorte de sanction ithysiulugique, le vice entraînerait pour l'individu renlaidissement de soi-même et de sa descendance. En outre, cet enlaidissement aux yeux de tous, en excitant l'antipathie et réloign<'ment, constituerait une sorte de sanction sociale.

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La science [tositive des mœurs montrera de mieux en mieux par (luellc évolution l'intérêt de l'individu s'est lié à celui de la race, comment le sens même du beau moral est le sens d'une utilité' vitale qui dépasse l'individu pour s'étendre à l'espèce ; mais celte analyse et cette histoire, loin de dt'-lruire l'admiration esthétique des mœurs, ne feront que révéler des harmonies nouvelles. L'individu ne pourra jamais manquer d'admii'er

la loi de beauté et d'utilité tout ensemble qui le rattache à sa race et à son groupe ; il donnera même toujours à cette loi une adhésion spontanée, tant (lu'il ne sera pas trop engagé dans ses intérêts propres, tant qu'il sera spectateur. Et cette attitude admirative subsistera encore quand il redeviendra acteur. En elTet, par la contemplation et l'admiration du beau, un courant cérébral se crée, un canal nerveux se creuse à travers notre organisme dans une certaine direction. Des lors, quand nous passons de la contemplation à l'acte, nous éprouvons dans la même direction une poussée interne, une sorte de « pression » intérieure. L'habitude du beau, qui semblait d'abord toute passive, se révèle comme active. Même quand il s'agit d'un ordre et d'une symétrie matériels, par exemj)lc ceux (jue nous avons Thabitude d'introduire dans les objets à notre usage ou dans notre personne extérieure, nous ne pouvons nous résigner qu'avec peine au désordre et à {"(Milaidissement qui en résulte. A plus forte raison s'il s'agit du moral et du social. Le seul sentiment de la beauté, comme nous l'avons vu, embellit alors celui qui l'éprouve, sans qu'il ait autre chose à faire que d'admirer et de reproduire spontanément ce qu'il admire : « On devient semblable à l'objet de sa contempintion. » C'est, une fois de plus, que toute idée est une force, que tout senlimcMit est une action commencée qui ne demande qu'il se continuer en mouvements. Un chant militaire, comme la Marseillais', produit une excitation c(''rébrale qui peut se dé|)enser de deux sortes, soit en pui's sentiments, soit en actes, comme lorsque ce chant entraine un corps d'armée h l'assaut d'une bi'échc. La beauté nous rend beaux par aimantation rt dii'ige nos actes dans le sens même où elle se dirige, vers ce pôle de perf«»clion mentale et sociale au(|nel (end l'espi'ce humaine. De là l'essentielle muralilc du gi'and arl, que (pielqncs-uns voudraient en vain mms représenter connue immoral par nalurc.

La poésie de la uKU'ale, comme celle de la religion,

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