DE MES MAITRES
De mon aïeul Vérus : mœurs honnêtes , Jamais de colère.
De mon père , tant par sa réputation que par Fidée
qui me reste de lui : modestie et vigueur mâle.
De ma mère : piété , bienfaisance. Non-seulement
ne jamais faire le mal , mais n*en avoir pas même la
pensée. Me nourrir d*une façon simple. Fuir en tout
le luxe des riches.
De Tite-Antonin , mon père d'adoption :
Être doux, et cependant inflexible sur les jugements arrêtés après un mûr examen.
Être insensible au vain éclat de tout ce qu'on appelle honneur.
Aimer le travail et être assidu.
204 PENSEES DE HARG-ADRÈLE.
Être toujours prêt à écouter ceux qui Tiennent donner des ayis utiles à la société.
Rendre inyariablement au mérite personnel tout ce qui lui est dû.
Savoir en quel cas il faut se roidir ou se relflcber.
Renoncer aux folles passions des jeunes gens. Ne penser qu*à procurer le bien général.
11 n'exigeait pas que ses amis se gênassent pour yenir souper ayec lui , ni pour le suivre dans ses voyages. Ceux qui n'avaient pu venir le retrouvaient toujours le même.
Dans ses conseils il recherchait, avec une attention profonde et soutenue , ce qu'il y javait de mieux à faire. Il délibérait longtemps , et ne s'arrêtait point aux premières idées. «
U ne perdait point d'amis : jamais de dégoûts, ni d'attachement outré.
Dans tous les accidents de la vie, il se suffisait à lui-même : l'esprit toujours serein.
11 prévoyait de loin ce qui pouvait arriver, et mettait ordre aux plus légères semences de trouble, sans faire d'éclat.
11 réprimait les acclamations et toute basse flatterie.
11 veillait sans cesse à la conservation de ce qui est nécessaire à l'état. U se ménageait sur la dépense des fêtes publiques, et ne trouvait nullement mauvais que l'on murmurât de cette rigoureuse économie.
11 se conduisait à l'égard des dieux sans superstition ; et quant aux hommes, point de manières caressantes, ni de flatterie, ni d'afTectation de saluer tout