CHAPITRE IIL
SUR l'âtre suprême et les dieux gréés.
C'est de son propre mouvement que la nature de runiyers s*est portée à faire le monde. Par conséquent, tout ce qui s*y passe maintenant est une suite nécessaire de ses premières volontés ; sans quoi il faudrait dire que l'Être suprême y aurait mis, sans réflexion et au hasard, les créatures même du premier ordre, quoiqu'il montre pour elles une inclination particulière. Cette pensée, si tu te la rappelles, te rendra plus tranquille que tu ne l'es sur bien des choses.
Toutes choses sont liées entre elles par un enchaînement sacré, et il n'y en a peut-être aucune qui soit étrangère à l'autre ; car tous les êtres ont été combinés pour former un ensemble d'où dépend la beauté de l'univers. Il n'y a qu'un seul monde qui comprend tout ; un seul Dieu qui est partout ; une seule matière élémentaire, une seule loi, qui est la raison commune à tous^ les êtres intelligents, et une seule vérité, comme aussi un seul état de perfection pour les choses de même genre, et pour les êtres qui participent à la même raison.
Ne te borne pas à respirer en commun l'air qui nous environne, mais commence aussi à ne plus avoir d'autres pensées que celles que nous inspire l'intelligence qui nous porte dans son sein ; car cette souveraine