‹ Moralistes anciensChapitre 17 sur 108 · DE L*ÉTRE SUPRÊME. — CHAP. III · texte numérisé non relu

DE L*ÉTRE SUPRÊME. — CHAP. III

inteUigence répandue partout, et qui se communique à tout homme qui sait Tattiirer, est pour lui ce que Tair ne cesse d*^tre pour tout ce qui a. la faculté de respirer.

Celui qui vient de déposer dans le sein d^une mère le germe d'un embryon, s'en ya ; mais une autre cause lui succédant, trayaille et achève le corps de Tenfant. Quelle meryeilleuse production d'une si vile matière 1 Cette même cause fournit encore à Fenfant et lui porte dans les yiscères un aliment convenable; puisuneautre cause^ reprenant ce qui reste à faire, produit en lui le sentiment et l'instinct , en un mot, la vie, la force et toutes les autres facultés. Qu'elles sont admirables ces facultés et en grand nombre I Quoique toutes ces choses soient fort cachées, il faut les. contempler et j reconnaître la main d'une puissance qui agit en secret, comme nous reconnaissons une force qui attire en bas les corps pesants ou qui porte en haut les corps légers. Ces sortes d'opérations ne se voient point ayec les yeux du corps i mais elles n'en sont pas moins éyi-* dentés.

^ rintelligence nous est commune à tous, la raison qui nous constitue des êtres raisonnables nous est également commune ; et s*il en est ainsi , une même raison nous prescrit ce qu'il faut faire ou éviter. Gs^ donc une loi commune qui nous gouverne^ -JIJSMÎ sommes donc des citoyens qui vivons ensembij^iNMi la même police, et il suit de là que le inoii4|j^i(^^^ ressemble à une grande cité. Hé 1 en effet , âéf^ljf^Q^^ autre police pourrait-on dire que l'espèce livMllI^

U 8 PENSÉES DE HAIlC-AimÈLE.

dépend, sinon de celle de la cité entière? Mais est-^ de là, estrce de netre commune cité, que nous sont venues r intelligence', la raison, laioiTGarenflnceqtie J*ai de terrestre m*est venu d*une certaine terre ; ot que j'af d'humide m*est venu d*un autre élément ; et 11 en est de même des parties d*air et de feu qu! sont en moi : elles me sont venues de sources qui leur sont particulières, puisque rien ne se fait de rien, ni ne retourne à rien ; il faut donc aussi que mon intelli-gence me soit venue de quelque autre principe (qui ne soit ni terre, ni eau, ni air, ni feu).

Pourquoi des âmes grossières et ignorantes cooh muniquentelles leur trouble à une ame cultivée et instruite? C'est celle qui a une fois connu Torigine des êtres et leur fin ; et cette raison divine, qui, p6^ nétrant tout ce qui existe, fait passer Tunivers , dans le cours des siècles, par les différentes révolutions dont elle avait réglé Tordre et la suite.

Il n*y a rien qui n'ait été hit à quelque dessein ; par exemple, le cheval, la vigne. Qu'y a-t*ll là de surpre»* nant? Le soleil lui-même te dit : « J'ai été créé* pouf faire un tel ouvrage, n et tous les autres dieut f en disent autant. Mais toi, pourquoi as-tu été fait? Est-ce pour te divertir? Vois toi-même s'il 7 a du bon sens à le dire.

A ceux qui te demandent où tu vois des dieux , et ce qui te prouve qu'il y en a , pour les honorer autant que tu le tais, réponds premièrement, qu'ils sont

* Otéé, dans le sens de Platon, de Timée de tocres, de CioéroD, etc.

PROVIDENCE. -^ CHÂP. IV. 94 9

visibles. Dis-leur ensuite : le n*ai jamais vu mon ame, f t cependant je la respecte. Il en est de même de ces génies divins : comme j*éprouve continuellement leur pouvoir, je ne doute pas qu'il n*y ait des dieux, et je les révère.

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