CHAPITRE lY
PAOVIDENGE.
Ou le monde a été bien ordonné, ou ce n*est qu*uB mélange confus de matières entassées, qui cependant forment le monde. Mais quoi 1 se peulril que dans ton oorps il y ait de l'arrangement, et que dans ce grand tout il n*y ait que désordre? et cela pendant que toutes ses parties sont distinctes et répandues comme elles le sont, et que tout marche d'accord.
Représente-toi sans cesse lé monde comme un seul animal, composé d'une seule matière et d'une seule ame. Vois comment tout ce qui se passe y est rapporté à un seul principe de sentiment ; comment une seule impulsion y fait tout mouvoir ; comment toutes ses productions y sont l'effet d'un concours de causes. Ad« mire leur liaison et leur enchaînement.
Tontes choses s'accomplissent suirant l'ordre de la nature universelle, et non suivant les impressions de quelque autre cause qui l'environne extérieurement» ou qui soit renfermée dans son sein, ou distante d'elle en dehors.
PENSÉES DE MAROÀDRfiLE.
La matière de tous les êtres est obéissante et souple entre les mains de la raison suprême qui en dispose. Hais cette raison divine n*a dans son essence aucun principe qui la porte à leur faire du mal ; car elle n*a en soi aucune malice. Aussi ne fait-elle aucun mal; mais, en produisant toutes choses, elle les conduit à leur fin.