‹ Moralistes anciensChapitre 27 sur 108 · LOI NATURELLE. *- GBAP. VIII · texte numérisé non relu

LOI NATURELLE. *- GBAP. VIII

ûyQste se fait du mal à lui-môme, puisqu'il se rend méchant.

Souvent on n*est pas moins ipjuste en no faisant rien, qu'en faisant certaines choses.

La nature est toujours supérieure à Tart, car tous les arts cherchent à imiter les choses naturelles. Par conséquent la nature la plus parfaite, celle qui comprend toutes les choses naturelles, ne cède point en industrie aux arts. Or ceux-ci font ce qu'il y a de moins bien pour ce qu'il y a de mieux. Donc la commune nature en use de même, et c'est ce qui produit la justice, vertu qui suppose toutes les autres. Car nous n'observerons pas la justice, si nous desirons fortement les biens extérieurs, si nous donnons dans les préjugés, si nous sommes faibles, si nous sommes légers.

Le bas peuple ne connaît pas toute la portée du sens de ces mots, vivre du bien d^autrui et semer le sien ; gagner sa vie à quelque trafic, et vivre dans l'oisiveté. il ne voit pas ce qu'il faut faire pour bien vivre. En effet, cela ne se voit point avec les yeux du corps, mais avec d'autres yeux ' .

Si quelquefois tu as vu une main, un pied, une tête

* J'ai cru devoir éclaircir un peu l'énigme du texte. Ces mots, voler, ecmer, trafiquer, regardent le bas peuple, qui en effet ne connaît de la Justice que le nom, et semble la regarder comme une vertu inventée par les riches contre les pauvres.

3M PENSÉES DE MiRC-AUBÈLE.

coupés et entièrement séparés du reste du corps, c'est Hmage de celui qui se refUse, autant qu'il est en lui, aiiK accidents de la vie, qui se détache du grand tout, ou qui ftiit quelque chose au préjudice de la société. Tu Tiens de te jeter hors du sein de la nature ; car en venant au monde tu en as fait partie, et maintenant tu t'en es retranché ; mais tu as la ressource de pouvoir t'y réunir, ce que Dieu n'a point acèordé à ces parties qui, après avoir été une fois coupées, et séparées, ne peuvent plus se rejoindre au tout. Vois quelle est la bonté suprême, d'ayoir doué l'homme d'Une si excellente prérogative. Elle t'a d*abord accordé le pouvoir de ne te point séparer de la société des êtres, et ensuite le pouvoir de te rejoindre au tronc, d'y repousser et d'y reprendre ton rang de partie.

Le bonheur et le malheur d'un être raisonnable* et sociable ne dépendent pas des sensations qu'A éprouve, mais de ses actions ; de même que ses vertus et ses vices ae consistent pas dans les sensations qu'il a, mais dans les actions qu'il fait.

Gomme tu es le chef qui fait de la société un corps entier, toutes tes actions doivent tendre à le maintenir dans une parfaite intégrité. Ne fais donc rien qui nese rapporte de près ou de loin à ce but^ Sans cela ta vie serait séparée du corps* EUe ne ferait plus avec lui un seul tout. Elle serait séditieuse, comme Test un homme qui, se faisant un parti dahs une république, en roinpt l'harmonie^

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