‹ Moralistes anciensChapitre 39 sur 108 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

Reviens de ton ivresse. Reprends tes esprits. Réyeille-toi. Fais réflexion que c'est un rêve qui te troublait. Ëtant bien éveillé, rappelle à ton imagination l'objet de ce trouble, tel que tu avais cru le voir auparavant.

ie2 PENSEES DE MARG-ÂURÈLE.

Je peux du moins m'empêcher déjuger, et par conséquent d'être troublé ; car les objets extérieurs n*ont pas la vertu de produire en nous des jugements.

Comment oublieras-tu tes principes, si les pensées qui les appuient ne s'éteignent pas? Qu'il est aisé de les faire revivre ! Je suis le maître de penser comme il convient sur l'objet présent; pourquoi me troubler? Tout ce qui est au dehors de mon intelligence ne peut rien du tout sur elle. Pense ainsi, et te voilà droit.

Ne t'inquiète pas sur l'avenir. Tu t'en tireras, s'il le faut, avec le secours de la même raison qui t'éclure sur le présent.

xn.

C'est une honte que le visage obéisse ; qu'il s'arrange et se compose comme il platt à l'ame, et que celle-ci ne s'arrange pas, ne se compose pas ellemême.

Inutile de se fâcher contre les affaires ; elles n'en tiennent compte.

Je suis assez fort, si l'honnêteté et la justice sont avec moi.

Sur chaque accident de la vie, remets-toi devant les yeux tous ceux qui avant toi ont éprouvé la même fortune, et qui l'ont supportée avec peine, qui ont

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