CHAPITRE XXIV
CONTHE LA PARESSE.
Le matin, lorsque tu sens de la peine à te lever, fais aussitôt cette réflexion : Je riî'éveille pour fair^ Touvrage d'un homme, dois-je être fftché d'aller fair\. les actions pour lesquelles je suis né, pour lesquelles j'ai été envoyé dans le monde? N'ai-je été créé que pour rester chaudement couché entre deux draps?
Mais cela fait plus de plaisir I .
C'est donc poUr avoir du plaisir que tu as reçu le jour, et non pour agir ou pour travailler? Vois ces plantes, ces oiseaux, ces fourmis, ces araignées, ces abeilles, qui de concert enrichissent le monde chacun de son'ouvrage : et toi tu refuses de faire tes fonctions d'homme? Tu ne cours pointa ce quêta nature exige?
Mais il faut bien prendre quelque repos !
La nature a mis des bornes à ce besoin, comme élit
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en a mis à celui de manger et de boire ; et tu passes ces bornes, tu passes au delà du besoin^ tandis que sur le travail tu restes en deçà du possible I C*est que tu ne t'aimes pas toi-ménr.e ; car si tu t*aimais, tu aimerais aussi ta propre nature , et ce qu*elle veut. Les artistes qui sont passionnés pour leur art sèchent sur leur ouvrage, sans se baigner et mangent peu. Fais-tu moins de cas de ta nature que n'en fait un tourneur de son industrie, un comédien de son jeu, un avare de son argent, un ambitieux de sa folle vanité? Aussitôt que ces gens-là sont à leur objet chéri, ils ont bien plus à cœur d'y faire des progrès que de dormir ou de^manger. Or, les actions sociales te paraîtrontelles moins honnêtes, moins dignes de ton amour?
Rappelle-toi, quand tu seras tenté de rester au lit, qu'il est do la structure de ton être et de ta condition d'aller t'acquitter de quelque devoir social , a,u Heu que le dormir t'est commun avecjes bétes. Tout ce qui convient à la nature de chaque être lui est plus familier, est plus fait pour lui, et même plus agréable.