ENCOURAGEMENTS. — CH^P. XXVII
que le corps même qui ^environne? Quand feras-tu sentir à tous les hommes une douce et tendre bienveillance ? Quand seras-tu assez riche de ton fonds pour n'avoir besoin de rien, pour n'avoir rien à désirer au dehors parmi les êtres animés ou inanimés pour en faire ton plaisir, ni désirer d'avoir le temps d'en jouir , ni d'être en quelque autre lieu, dans un autre pays, ni 4e respirer une air plus pur, ni de vivre avec dés hommes plus sociables; mais que, te pliant à ta situation, tu prendras plaisir à tout ce qui est, persuadée que tu as en toi tout ce qu'il te faut, que tout va bien poyr toi, qu'il n'y a rien qui ne te vienne des dieux, qi;e tout ce qu*il leur a plu ordonner, et ce qu'ils ordpnneront, ne peut être que bon pour toi, et en général pour la conservation du monde, cette créature animée qui est parfaite en soi, bonne, juste et belle, qui produit, embrasse, contient toutes les autres, et reçoit dans son sein toutes celles qui se dissolvent pour en reproduire de semblables ' ? Quand est<ce enfin que tu te seras mise en état de vivre avec les dieux et les hommes, de façon que tu ne te plaignes jamais d'eux, et qu'ils n'aient rien à blâmer dans tes actions?
Ç!^i uqe bofite que, ^ans )a vip que tu oièoes, tQQ cprp9 ne succom])e point aqx fatiguas ^q )a guerre, et f)U*^Y9Pt li^ ton an|e fleyûepne laiiguissiiQte.
* C'est le monde créé avec nne ame par TEtre saprême , qui • selon Timée et Platon , fit du monde un diea de nature très excellente et bienheureux*
Si ta te veux du bien, tu peux dans un moment te procurer les vraies sources de ce bonheur que tu desires, et autour duquel tu ne fais que tourner. Tu n*as qu*à oublier le passé, remettre Tavenir entre les mains de la Providence, et ne t'occupant que du présent, le diriger vers des objets de sainteté et de justice. Je dis de sainteté, en aimant ta destinée telle qu'elle est, car la nature Fa faite pour toi et t'a fait pour elle ; et de justice, en disant toujours librement et sans détour la vérité, et faisant tout ce qu'exigent les lois et le mérite des circonstances.
Que rien ne t'en empêche, ni la méchanceté des autres, ni leurs opinions, ni leurs discours, ni même ce qu'ils pourraient faire souffrir à cette masse de chair que tu nourris autour de toi : car c'est elle qui souffre ; c'est son affaire.
Te voilà bientôt à la fin de ta course. Si tu dédaignes tout le reste, pour t'occuper uniquement du culte de cet esprit dont la source est divine et qui te guide ; si tu ne crains pas de mourir, mais seulement de n'avoir pas assez tôt commencé à vivre conformément à ta nature, tu te rendras digne du monde qui t'a donné l'être, tu ne seras plus un étranger dans ta patrie, tu ne recevras plus avec surprise, comme des événements inespérés, ce qui arrive journellement ; tu ne dépendras plus de ceci ou de cela.
SUPPORTER LES HOMMES.— CHAP. XXVif '^^