‹ Moralistes anciensChapitre 78 sur 108 · XVI · texte numérisé non relu

XVI

Mui qui w\t maistopaiit le monde» a tout tu. n a vu toute réteniitâ passée et à venir. Car tout est et «era 4e mtoie nature et de même apparence.

xvn.

Loj^u*aù théâtre et en d'autres jeux on ne te fait v^' qu'uiier répétition uniforme des mêmes objets, tu t^uirilaieik^U devrait t'en arriver autant toute la yle» ear dans' ce monde tu ne vois en haut, en bas, que les mêmes effets , un jeu égal de causes toi\|ours les mômes. Ah ! œci ne flnira4-il point t

Revois le passé. Que de révolutions d'empires t Tu peux aussi voir l'avenir ; le spectacle sera le même, tout ira du même pas et sur le même ton que ce qui se passe aujourd'hui. 11 est donc égal d'être pendant quarante ans spectateur de la vie humaine, ou de l'être pendant dix mille ; car que verrais-tu de plus?

Tous les êtres vivants que tu vois, et tous ceux qui les voient, tomberont bientôt en pourriture. Le vieillard décrépit qui meurt, ne se trouvera pas en meiN leur état que celui qui meurt très jeune.

Celui qui ne reconnaît pour bon que ce qui se fait aux temps marqués : celui qui pense qu'il est égal d'avoir eu, ou non, assez de temps pour flaire beau* coup d'actes de raison, et qu'il n*y a point de difTérenceàvoir ce monde plus ou moins d'années, celui-là, dis^e» n'envisage pas la mort comme un objet terrible

380 PENSÉES DE MARG-ÂimÈLE.

0 homme ! tu as été citoyen de la grande ville du monde. Que ^importe de ne l'avoir été que cinq ans? Personne ne peut se plaindre qu'il y ait de l'inégalité dans ce qui se fait par les lois du monde. Qu*y a-t-il donc de fâcheux si tu es renvoyé de la ville, non par un tyran, ni par un juge inique, mais par la nature même qui t'y avait admis? C'est comme si un acteur était congédié du théâtre par l'entrepreneur qui l'y avait employé. Hé ! Je n'ai pas joué les cinq actes, je n'en ai joué que trois! Tu dis bien. Mais, dans la vie, trois actes font une pièce complète ; elle est toujours terminée à propos par cehii qui, l'ayant composée, ordonne maintenant l'interruption. En tout cela tu n'as été ni l'auteur ni la cause de rien. Va-t'en donc paisiblement ; car celui qui te congédie est plein de bonté.

Hippocrate, après avoir traité bien des maladies, est tombé malade, est mort. Les devins, après avoir annoncé bien des morts , ont été enlevés à leur tour par la Parque. Alexandre, et Pompée, et Caïus César, après avoir si souvent détruit, de fond en comble, des villes entières, après avoir fait périr dans les combats plusieurs milliers d'hommes de cheval et de pied, sont enfin sortis eux-mêmes de la vie. Heraclite, après avoir dit en physicien tant de belles choses sur l'embrasement du monde, est mort le corps plein d'eau,

"- couvert de fiente de vache. La vermine fit mou- ^mocrite, et une autre sorte de vermine tua So«

crate. Qu'est-ce à dire? Tu t'es embarqué; tu as navigué ; tu es arrivé ; sors du vaisseau. Si c'est pour une autre vie, tout est plein de la divinité ; tu y trouveras des dieux; si c'est pour être privé de tout sentiment , tu cesseras d'être obsédé par la douleur, par la volupté, et d'être assujetti au vase qui te renferme; vase si fort au-dessous de toi. Faut-il que ce qui doit servir commande? Tu es esprit et génie ; le reste n'est que fange et pourriture.

Combien de ceux qui étaient entrés avec moi dans le monde en soqt déjà sortis !

La vie est moissonnée comme des épis dont les uns sont mûrs et les autres verts.

N'oublie pas combien il est mort de médecins qui souvent avaient froncé les sourcils auprès de leurs malades; combien d'astrologues qui avaient prédit avec emphase les morts des autres ; combien de [Philosophes qui avaient débité avec confiance une infinité de systèmes sur la mort et l'immortalité ; combien de guerriers fameux qui avaient immolé un nombre d'ennemis ; combien de tyrans qui, avec une horrible férocité , avaient abusé de leur pouvoir sur la vie de leurs sujets, comme si eux-mêmes eussent été invulnérables; combien il est mort, pour ainsi dire, de villes entières. Hélice, PompeY, Herculanum, une infinité d'autres! Passe encore successivement à tous ceux que tu as connus. Tel qui avait enterré celui-ci,

582 PENSÉES DE MAKG-ÀURELE.

a été enterré par celui-là , et le tout eu fort peu da temps. Ah I il ne faut jamais perdre de vue que toutes les choses humaines sont passagères et sans consifr^ tance. Hier Thomme était un simple germe ; demain ce sera une momie ou de la cendre. 11 faut donc passer cet instant de vie conformément à notre nature, et nous soumettre à notre dissolution avec douceur, comme une olive mûre qui en tombant semble bénir la terre qui Ta portée , et rendre grâces au bois qui l'avait produite.

Vérus est mort avant ma fille Lucilla, et puisLucilla, Maximus avant Secunda, et puis Secunda. Diotime avant Épityncan, et puis Épityncan. Faustine ma tante avant Tite Antonin, et puis Antonin, Tout le reste a été de même. Adrien avant Celer, et ensuite Celer. Quant à ces gens d'un esprit si délié, si prévoyant dans Tavepir, ou si fastueux, où sont-ils? Par exemple , ces génies subtils , Chiarax , Démétrius le platonicien, Eudémon et leurs pareils, s'il y en a eu? Tout cela n'a duré qu'un jour ; tout est mort depuis longtemps. Quelques uns n'ont pas laissé d'eux le moindre souvenir, et la mémoire des autres a dégénéré en fables, ou disparu des fables mêmes. Souviens-toi donc de ceci : il faudra , ou que ce petit composé de ton être soit dissipé, ou que le faible principe de ta vie s'éteigne, ou qu'il soit déplacé et employé quelqu'autrepart,

Cour d'Auguste, sa femme, sa fille, ses petits en* s, ses beauY-fils, sa sœur. Agrippa, ses parents.

les officiers de sa maison, Aritis, Méôène, ses médecins i ses sacrificateurs , tout est mort. Vois encore ailleurs, non la mortd*un seul homme, mais, parexem-> pie , celle de la race entière de Pompée. Aussi trouye^t-on gravé sur des tombeaux : Ci-gtt le dernier de sa race* Songe combien les ancêtres de celui-là s^étaient donné de soins pour laisser un héritier de leur nom. Quelqu'un sera nécessairement le dernier; par conséquent la famille entière mourra.

Rien n'est plus propre à te faire mépriser la mort, que de songer que ceux même qui ont regardé la volupté comme un bien et la douleur comme un mal , Font cependant méprisée.

Que desires-tu? D'exister ; c'est-à-dire, de sentir, de vouloir, de croître pendant un temps, de ne plus croître ensuite» de parler, de penser. Laquelle de ces facullés te parait la plus excellente ? Si chacune en particulier te semble peu de chose, va au dernier^ qui est d'obéir à ta raison et à Dieu. Mais il y a de la contradiction à honorer l'un et l'autre , et à ne pouvoir supporter la privation du reste par la mort.

Passe en revue le détail des actions de ta vie, et sur chacune demande-toi si la mort est terrible parcequ'elle pourra te priver de faire telle chose.

Dusses-tu vivre trois mille et trente mille ans , n'oublie jamais que personne ne peut perdre que

la yie qu'il a, ni Jouir d'une autre sorte de yie que de celle qui s*évanouit sans cesse. La plus longue et la plus courte vie reviennent au mAme , quoiqu'il n'en soit pas ainsi du passé ; et il est visible qu'il n'y a jamais que l'instant présent qui nous échappe. On ne peut perdre ni le passé ni l'avenir; comment pourraiton être privé de ce qu'on n'a pas?

Rappelle-toi ces deux vérités : l'une , que de tout temps le spectacle du monde a été le même ; tout ne fait que rouler en cercle ; il n*y a rien d'intéressant à voir les mêmes objets pendant un siècle ou pendant deux, ou même à l'infini : Tautre, que celui qui meurt fort jeune ne perd pas plus que celui qui a vécu fort longtemps ; car l'un et l'autre ne perdent, comme J'ai dit, que l'instant présent, puisqu'on ne saurait perdre ce qu'on n'a pas. ^

La mort met heureusement fin à l'agitation que les sens communiquent à l'ame, aux violentes secousses des passions, à la mobilité, aux écarts de la pensée» à la servitude que la chair nous impose.

XXXlïl.

11 ne tient qu'à toi de recommencer ta vie. Revois toutes les choses que tu as vues. C'est revivre.

Le temps est comme un fleuve qui entraîne rapidement tout ce qui natt. Aussitôt qu'une chose a paru, elle est emportée. Une autre roule ensuite, mais pour ne faire que passer.

SDR LA MORT. — GHÂP. XXXIY. 385

Tous les objets que tu vois changent sans s'arrêter. Ils finiront par s*évaporer s*il n*y a qu'une seule substance, ou par se résoudre en leurs divers éléments.

Un individu se hftte d'être, un autre de n'être plus ; et de tout ce qui est né, quelque portion s'est déjà éteinte. Ces écoulements, ces altérations renouvellent continuellement le monde, comme la suite continuelle du temps le rend et le rendra éternellevient nouveau. Mais au milieu de ce courant où il n'y a rien de stable, quelqu'un pourrait-il faire cas de choses si passagères? Ce serait se prendre d'affection pour un oiseau qui vole et qu^on perd de vue dans un moment. Notre vie n'a rien de plus solide que le cours des esprits qui s'exhalent du sang, et que la respiration de l'air. Vois ce que c'est qu'attirer l'air une fois, et puis le rendre, comme nous le faisons continuellement. C'est la même chose de rendre tout à la fois à la source de qui tu la tiens, cette respiration que tu reçus en naissant hier ou avant-hier.

On redoute son changement? Mais sans le changement, qu'est^^e qui se ferait dans le monde ? Y a-t-il rien de plus familier, de plus ordinaire à la nature dci l'univers ? Toi-même pourrais-tu prendre le bain, si le bois ne changeait? Pourrais-tu te nourrir, si les aliments ne changeaient? Pourrait-il en général se rien faire d*utile sans le changement? Ne vois-tu pas

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que le changement qui t*attend sera de même nature que tous les autres dont la nature de Funivers ne peut se passer?

xxxvin,

La nature de Funivers se sert de toute la matière comme d'une cire molle. Elle en fait maintenant le corps d'un cheval ; puis mêlant avec le reste la matière du cheval, elle en fait un arbre, puis le corps d'un homme, puis autre chose; et chacun de ces êtres subsiste peu. Mais il n*y a pas plus de mal pour une armoire d'être défaite que d'être montée.

Ce qui meurt ne va pas tomber hors du monde ; mais il y reste pour y changer, et par conséquent se résoudre en ses éléments qui sont ceux du monde et les tiens propres. Or tous ces éléments se changent, et ils n'en murmurent pas.

Tout ce que tu vois, la nature qui gouverne l'uhiyers le changera, et de cette substance elle fera d'autres choses, puis d'autres, afin que le monde soit toujours jeune.

Te déplatt-il de peser tant de Unes et de n'en pas peser trois cents? Il en doit être de même de ce que tu as à vivre tant d'années et pas davantage. Car comme tu es content de la quantité de matière qui t'a été accordée, tu dois l'être aussi de la durée.

Pensez^tous, disait Platon, qu'un homme né avec

un e6|;irit mâle et assez fort pour contempler à la fois rimmensité des temps et Tensemble des êtres, regarde la vie humaine comme un bien considérable? Cela ne se peut. Ainsi un tel homme ne pensera pas que la mort soit un mal? Non, sans doute.

Point de mal aux êtres qui changent, comme aucun bien pour ce qui les remplace.

La nature n'a pas moins dirigé la fin que le commencement et la route de chacun de nous. Celui qui joue à la paume fait de même en la poussant. Mais est-ce un bien pour la balle d*être poussée en haut? Est-ce un mal d'être portée en bas ou de tomber par son poids? Est-ce un bien pour ces bouteilles qui se forment sur Feau.de se soutenir, ou un mal de se rompre? Dis-en autant d'une lampe. .

Périr n'est autre chose qu'être changé : ce qui platt beaucoup à la nature universelle, qui fait si bien tou^ tes choses. De tout temps elle en a usé ainsi. A l'infioi elle fera des choses nouvelles. Quoi donc ! dirastu que tout est et sera toujours mal? que tant de dieux n'ont pas eu assez de puissance pour corriger ce désordre? ou que le monde a été condamné à être perpétuellement misérable?

Chaque action particulière qui finit en son temps ne perd rien de sa valeur, parcequ'elie finit. Celui qui l'a faite n'éprouve aussi aucun mal à cause de cette

388 PENSÉES DE MÂRG-ÀURËLE.

fin. De même donc notre vie, qui n^est qa*un composé d*action8, venant à finir en son temps, ne devient pas malheureuse en ce qu'elle finit, et celui qui en son temps se trouve parvenu à la dernière de ses actions n*est point maltraité. C'est toujours la nature qui distribue le temps convenable et le terme : quelquefois la nature particulière, comme quand on meurt de vieillesse, et en général la nature de Tunivers, lequel, par le changement continuel de ses parties, est toujours jeune et vigoureux. Ce qui est utile à l'univers est toujours bien et toujours de saison : ainsi la fin de la vie n'est point un vrai mal pour nous, puisqu'elle n'offre rien de honteux qui dépende de notre volonté, ni qui blesse les lois communes. C'est même unbien,puisqu'elieestde saison pour l'univers, qu'elle lui est utile, et qu'elle est amenée avec tout le reste.

Si tu penses de cette façon, si tu te portes vers les mêmes objets que Dieu, et si ta raison se porte à approuver tout ce qu'il fait, tu pourras te dire vraiment porté par l'esprit de Dieu.

Une action, un désir, une pensée meurent, pour ainsi dire, lorsqu'elles finissent. 11 n'y a point de mal à tout cela.

Songe maintenant à l'enfance, à l'adolescence, à la jeunesse, à l'âge avancé. Le passage de chacun de ces états à celui qui le suit, suppose la mort de celui qui a précédé; y a-t-îl là quelque mal?

Passe ensuite aux intervalles de temps que tu as vécu sous ton aïeul, ta mère, ton père ; rappelle-toi

ainsi plusieurs autres différences et changements de situation; et t*arrétant à la fin de chacune, demandetoi, y a-tril eu là quelque mal? 11 en sera donc de même de la fin, de la cessation, du changement de toute ta vie.

XLVUI.

Du raisin yert, du raisin mûr, du raisin sec, tout cela n'est que changement, non de Tétre au néant, mais d'une manière d*étre en une autre.

Tout homme qui s*afflige et se fâche de quelque événement que ce soit, ressemble à un vil pourceau qui, pendant qu*on Timmole, regimbe et crie. Faistoi la même image do celui qui, se voyant étendu dans son lit, y déplore seul en secret sa destinée. Songe qu*il n'a été donné qu'aux êtres raisonnables d'obéir librement aux dispositions primitives; car ne faire qu'y obéir simplement, c'est pour tous une chose inévitable.

Aucun homme n'est assez fortuné pour n'avoir pas en moarant quelqu'un près de lui qui soit bien aise de l'événement. Que ce soit un homme vertueux et sage, ne se trouvera-t-il pas quelqu'un qui, le voyant à sa dernière heure, dira : Je respirerai enfin, délivré de ce pédant? Il est vrai qu'il ne faisait du mal à aucun de nous, mais nous avons bien senti qu'en secret 11 nous condamnait. Voilà pour l'homme de bien.

Quant à nous souverains, combien de sortes d'intérêts font dire à plusieurs : Qu'il s'en aille ! Celi''

590 PENSÉES DE l^ARG-AURÈLE.

pemsée dpDc doit te faire quitter la vie plus volontiera, car tu pourras te dire : Je quitte une vie où oeus: qui passaient la leur avec moi, pour qui j*avais tant travaillé, fait tant de vœux, pris tant de soucis, sont les mêmes qui veulent ma mort, dont peut-être ils espèrent quelque avantage. Pourquoi rester ici plus longtemps?

Cependant ne t'eu va pas pour cela moins bien disposé à leur égard ; continue d*avoir pour eux de Taffection, de l'amitié, de l'indulgence. Ne les quitte pas pon plus comme si on t'arrachait du milieu d'eu. Il faut que tu t'en sépares avec la même aisance que l'ame de ceux qui savent bien mourir se dégage de leur corps. Car enfln c'est la nature qui te lia et t'unit avec eux ; c'est elle qui t'en détache. Je prends congé, il est vrai, de mes amis, mais sans déchirement de cœur, sans violence ; car c'est une chose ponforme à la nature.

Quelle ame que celle qui est prête à sortir du corps, dans le moment, s'il le faut, soit pour s'éteindre ou se dissiper, ou pour subsister à part I Je dis prête par un effet de ses réflexions particulières : non avec une fougue d'enfants perdus, comme les chrétiens, mais avec jugement et gravité et d'une façon à faire passer ses sentiments dans l'ame d'un autre, sans faire le hé-

ros de théâtre.

LU

Ne méprise point la mort ; envisage-la favorablement comme un des ouvrages qui plaisent à la na-

SUR Ih MORT. ~ CHAP. XXXIV. 59 <

tar« ; ear être dissous est la même chose gae passer de Fenfancfi à la jeunesse et puis vieillir, que croître et se trouver homme fait, que prendre des dents, de la barbe et puis des cheveux blancs, que donner la vie à des enfants, les porter, puis en accoucher, et ainsi des autres opérations naturelles qui conviennent à chaque âge. Il est donc d'un homme sage de n*étre ni léger, ni emporté, ni fier et dédaigneux sur la mort, mais de l'attendre comme une des fonctions de la nature. Attends donc le moment où ton ame éclora de son enveloppe, comme tu attends que Tenfant dont ta femme est enceinte vienne au monde.

Si tu veux encore un reconfort trivial, mais propre à donner même du goût pour la mort, jette les yeux sur les objets dont elle te délivrera, et de quel bourbier de mœurs tu seras sorti ! Il ne faut point s'irriter contre les méchants; il faut même en prendre 90in, et les supporter avec douceur, Souviens^oi cependant que tu n'auras point à quitter des hommes imbus des mêmes principes que toi ; ear ce serait la ^eule chose qui pourrait te faire reculer sur la mort, et t'attacber à la vie, si tu pouvais espérer de ne vivre qu'avec des hommes fidèles à suivre des maximes semblables aux tiennes. Mais tu sais combien la discordance de mœurs te rend fâcheuse la nécessité de vivre avec eux, jusqu'à te faire dire : 0 mort, hâte-toi de venir, de peur qu'à la fin je ne m'oublie aussi moimême I

LUI

Ou tout est un amas confus d'atomes qui» après

s'être accroebés , se dispersent ; ou bien tout a été ont el arrangé, ce qui suppote une providence. Au premier cas, pourquoi soubàiterais-je de rester plus longtemps au milieu d*un as^embl&ge fait au hasard, au milieu d*un bourbier? 4eYrais-je avoir d'autre desir que de devenir terre à tous éi^rds? pourquoi me troublerais-JeV car quoi que je fisse, la force de la dispersion parviendrait Jusqu*à moi ; au lieu que s'il en est autremeat, j'adore la main qui me gouverne, et je mets en elle tout mon lepos, toute ma confiance.

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