ETIENNE DE LA BOËTIE
Le seizième siècle nous présente encore quelques moralistes assez remarquables, particulièrement dans la sphère politique; l'un d'eux est Etienne de la Boëtie, célèbre surtout par l'amitié de Monlaigne. Sa mort, arrivée dans la trente-troisième année de son âge, est rapportée avec détail dans une lettre de Montaigne, qui, héritier des papiers de son ami, publia le Discoxirs de la Servitude volontaire, ou le Contr'un. Cet opuscule très court et, sous plusieurs rapports, curieux, se trouve inséré à la suite des Essais. L'auteur l'écrivit vers l'âge de dix-huit ans. C'est, presque d'un bout à l'autre, une véhémente déclamation contre la royauté. Il est étrange de rencontrer au seizième siècle un ouvrage conçu dans un pareil esprit; l'époque était royaliste, s'il en fut; mais ce qui est plus étonnant encore c'est qu'un écrit qui s'élevait si formellement contre le principe même de toute royauté n'ait encouru aucune réprobation, et que cette explosion n'ait pas même remué les esprits. C'est assurément le cas de répéter après Voltaire