De net. reali; De immortal,, c. ix
PIERRE POMPONACE.
telle que Pompoiiace la présentait en lol6, et aucun de ceux qui l’ont reproduite plus tard, soit au nom de la philosophie, soit au nom de la physiologie, n’en a usé avec plus de discrétion. Sans se prononcer dans un sens ou dans un autre, il se contente.de dire que ni la raison ni ^expérience ne nous prouvent que l’àmc puisse exister séparément, et que lui attribuer une telle existence est une affirmation purement arbitraire ‘ ; que l’immortalité de l’éme est un de ces problèmes neutres qui ^e peuvent être résolus par la raison ni dans un sens positif, ni dans un sens négatif; que, l’flme fût-elle indivisible, il n’en résulte pas quelle soit immortelle, et que rien ne prouve qu’elle soit indivisible^. Mais ce que la science ne démontre pas, la foi peut l’affirmer, parce que la science et la foi sont deux choses complètement différentes et même opposées. La première dépend de la raison, qui obéit à des lois in-' flexibles; aussi rien au monde ne peut contraindre à accepter pour vraie une proposition qu’elle a jugée fausse ou seulement douteuse. La seconde, au contraire, la foi, dépend de la volonté,* et la volonté peut se résoudre à croire ce qui est incompréhensible à la raison
On avait dit avant Poraponace que l’immortalité de l’âme ne pouvait être reconnue à la'lumière naturelle de la raison, et qu’il fallait l’accepter comme un article
ii « Motliisque ille esseiidi separatiis inilla ratimie vel expt^fiineiilü pro- « batus, sed sola voluntatc positiis. » {üf immortul., cap; ix.)
8, « Sic ita(|ue existimo cpiod isive intcdlecliis ponaliu- indivisibilis, sixe « exteiiBU.s, nihil cogit ipsum esse simpliciter immortalem; verum iiihil « magis placer ipsian ponere iuextensimi. » (Apol., lib. I, c. iii.)