‹ Moralistes et philosophesChapitre 22 sur 81 · Fioronliiio, p · texte numérisé non relu

Fioronliiio, p

a. « liitellectus iiitinita infcèliiffil et voluiilas inOnita appétit. »

PIERBb: POMPONACE. U5

mais l’infini, ne peut appartenir qu’à une essence supérieure à la sensibilité, et par conséquent indépendante du corps et destinée à lui survivre, puisque c'est uniquement par les sens que nous sommes unis à la matière. Une volonté qui poursuit un bien infini, étranger à cette vie, irréalisable dans ce monde, est nécessairement une volonté immortelle, autrement nous serions • condamnés au supplice de Tantale, la fin qui nous serait proposée dépasserait nos moyeps, et l’harmonie que nous admirons dans toute la nature s’arrêterait chez l’homme*.

PompoPace répond que l’idée de l’infini ne prouve ’ rien ni pour l’indivisibilité, c’est-à-dire la spiritualité, ' ni pour l’immortalité de l’àme, si réellement, comme il en est persuadé, il a prouvé que cette idée, comme toutes celles qui ont un caractère universel, n’a pu se développer en nous que par le concours des sens. Tout ce que nous concevons comme universel nous apparaît, sans doute, comme éternel et incorruptible ; mais pourquoi les mômes qualités appartiendraient-elles à l’esprit qui s’élève à de telles pensées? Nous connaissons Dieu sans être Dieu. De môme nous connaissons l’intelligible sans être pour cela de pures intelligences. Reste la volonté à la poursuite d’un bien infini. Mais en supposant le fait parfaitement établi, quelle conséquence en peut on tirer en faveur de l’immortalité? De ce que notre volonté se propose un but déraisonnable, c’est-àdire un but disproportionné à nos facultés et à la durée de notre existence, il n’en faut pas conclure qu’jl lui soit donné de l’atteindre. Qu’un paysan ait l’ambition

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