‹ Moralistes et philosophesChapitre 23 sur 81 · Fiorciitiao, p · texte numérisé non relu

Fiorciitiao, p

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PIERRE POMPONACE.

dedevenir roi, personne ne sera choqué s’il reste paysan. D’ailleurs, en supposant que notre Ame survive à notre corps, ce bien infini qu’elle poursuit sans cesse, elle ne l’obtient jamais, môme dans une autre vie ; car la théologie nous apprend que dans le ciel chacun des élus sera récompensé selon son mérite. Or, l’infini n’est pas divisible, il n’y a pas de plus ou de moins dans la perfection, dans la jouissance du souverain bien*.

Avec Nifo, quoi qu’en dise M. Fiorentino, Pomponace nous paraît beaucoup plus embarrassé qu’avec Contarini, et les personnalités qu’il lui adresse ne dissimulent pas la faiblesse de ses raisons. Parmi les arguments allégués par Nifo, il y en a un d’abord que Pomponace nous paraît avoir laissé absolument sans réponse. Oui, dit-il, notre intelligence entre en exercice par les sens; c’est à l’occasion d’une image sensible arrivée à notre esprit par l’intermédiaire de pos organes qu’elle s’élève à la connaissance de l’intelligible et de l’universel; mais il n’en résulte pas que la sensation fasse partie de son essence, et qu’une fois parvenue à son complet développement, une fois entrée dans l’exercice de son activité propre, elle ne puisse pas se passer du ministère des sens. Ce qui fait, non pas la substance de l’Ame que Nifo distingue avec soin de scs opérations, mais son existence tout entière, c’est la pensée et la volonté *. Or la pensée et la volonté ne s’exercent pas nécessairement sur des objets sensibles. C’est au fond le môme raisonnement que celui qu’on rencontre déjà chez saint

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