‹ Moralistes et philosophesChapitre 24 sur 81 · Apologia, lil). Il, c. iir; Fiorentino, p. 2Ô · texte numérisé non relu

Apologia, lil). Il, c. iir; Fiorentino, p. 2Ô

2. « Intellifrere et velle iutelleetivæ aniuitu coæva sunt, intellig:ero et « velle eorum hitelligi possunt quæ sunt actu intellecta, sive siut sine « phanlasraate, sive non sine phautasniate. » {De immortnl., c. xx.)

PIERRK POMPONACE.

Tliomas d’Aquin 'et dont Pomponace se flatte à tort d’avoir fait jnsticc par nne plaisanterie. Snpposer, ditil, que nous avons deux manières de connaître, l’une qui appelle l’intervention du corps, l’autre qui s’en passe, c’est appliquer à l’ame ce que le peuple raconte ^ des lamies*.

Le libre arbitre fournit à Nifo une autre preuve de la distinction de l’Ame et du corps. Puisque la matière est soumise aux lois de la nécessité, l’âme, douée de la faculté de choisir librement ent*e plusieurs actions, ne saurait être matérielle. Mais nous savons déjà comment Pomponace prétend résoudre cette difficulté. Pour la volonté, comme pour l’intelligence, le corps est nécessaire, car elle ne peut se manifester que par un mouvement. De toutes les formes qui animent les corps organisés et sous lesquelles nous apparaît la vie, l’âme est sans doute la plus élevée, la plus indépendante des lois de la matière ; mais il s’en faut bien, comme on peut s’en convaincre par l’expérience, qu’elle en soit complètement affranchie*.

Une troisième objection de Nifo est celle qu’il emprunte au^sentiment religieux. L’homme seul, parmi tous les êtres qui vivent sur cette terre, ouvre son âme à la piété, est capablnde religion. Comment se persuader qu’un être qui éprouve le besoin et qui possède la faculté de vivre en quelque sorte avec le ciel, soit destiné à mourir tout entier? M. Fiorentino lui-même est

1. « Modo iiiiluens corpus, luodo spolians, ut vulgiis lert de lainiis. » (De immortnliiaie, c. ix.)

2. « Cuin anima humaiia sit suprciua niaterialium, inter omnes est « minime dominata; non lamen ex loto absolvitur al) ipsa maleria, veluti « experimeuto docemur. » {Defemorium, c. x.)

PIEIUIE POMPON.VCE.

obliijc de convenir que Pomponace répond très-mal à cette question. Il pousse, en effet, l6 paradoxe jusqu’à soutenir que le sentiment relij^ieux n’existe pas seulement chez l’homme, mais qu’on le rencontre aussi chez les animaux. C’est qu’il avait sur la religion des opinions particulières dont nous aurons bientôt l’occasion de parler. En ce moment nous voulons seulement faire remarquer que dans la discussion qu’il soutient contre Nifo et Contarini, Pomponace a rarement l’avanta°e. On peut même assurer que la doctrine qu’il a si habilement développée dans le Traité de l’immortalité, loin d’être fortifiée, se trouve quelquefois ébranlée • ou obscurcie par les arguments dont il fait usage dans Y Apologie et le hefemorium. Cependant nous savons que le talent de la controverse ne lui était pas étranger, ^lais il est toujours plus facile d’attaquer que de se défendre, surtout quand on a contre soi les instincts les plus profonds et les plus universels de l’âme humaine. Ajoutons que Pomponace s’était renfermé dans une questioiTde pure psychologie, la question de l’intelligence, et que ses adversaires, tirant leurs objections de la re- ' ligion et de la métaphysique, de la Providence et de la liberté humaine, le forcent à s’expliquer sur des problèmes qu’il n’a pas encore suffisamment examinés, sur des matières qu’il discutera plus tard dans des ouvrages séparés. C’est dans son Traité des enchantements’, à propos de la question du surnaturel, qu’il nous fait connaître ses vues philosophiques, nous Ji’osons pas dire son système sur les religions. C’est dans son livre sur le destin, le libre arbitre et la prédestina-

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