‹ Moralistes et philosophesChapitre 30 sur 81 · De incant,, c. xiii; De fato, lib, XXII, c. i · texte numérisé non relu

De incant,, c. xiii; De fato, lib, XXII, c. i

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turc est précisément ce qui en fait la beauté et l’harmonie. Mais il en est autrement du mal moral et du péché. Le péché n’est pas nécessaire, le péché est uâ mal véritable; donc il ne saurait être attribué à Dieu, dont l’essence exclut le mal. Il ne saurait être attribué à la nature, qui est dans la main de Dieu. Il est l’œuvre de la liberté, que le stoïcisme ne reconnaît pas.

Le môme reproche ne saurait être adressé au christianisme. Il admet la liberté et il admet la Providence; c’est par là qu’il se distingue, à son avantage, des deux autres systèmes ; car ni la liberté, ni la Providence, quand on les considère séparément, ne peuvent être niées. L’idée de la Providence, c’est l’idée même de Dieu ; un Dieu sans providence étant la même chose qu’un Dieu sans intelligence, sans bonté, sans raison, autant dire que l’absence de Dieu. La liberté est un fait d’expérience qu’aucun raisonnement ne saurait détruire. Nous sentons intérieurement que nous avons le choix de nos actions, que nous sommes les maîtres d’agir ou de ne pas agir *. Il est vrai qu’on peut objecter à cela que nous n’agissons pas sans motif, que notre volonté est toujours déterminée par un raisonnement, et que la conclusion d’un raisonnement n’étant pas libre, la volonté ne l’est pas davantage. Mais Pomponace répond avec beaucoup de finesse que le raisonnement lui-même est,cn notre pouvoir, que nous avons le choix de l’interrompre ou de le poursuivre, et que c’est là certainement une preuve de liberté ^ Notre libre arbitre peut être gêné quelquefois par les motifs

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