‹ Moralistes et philosophesChapitre 31 sur 81 · lhi(L, lil*. III, c. ji · texte numérisé non relu

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PIERRE POMPONACE. , 13i

qui nous sollicitent dans un sens ou dans un autre, ils n’ont pas le pouvoir de le contraindre.

Mais si la religion clyétienne reconnaît simultanément ces deux vérités incontestables, la Providence divine et la liberté humaine, nous enseignc-t-elle le moyen de les concilier? Sans le dire expressément, Pomponace nous donne a entendre qu’il ne le croit pas, puisqu’il trouve le stoïcisme plus conséquent que le christianisme*. Et, en effet, la prétendue conciliation qu’il emprunte à la philosophie scolastique n’était certainement pas de nature à satisfaire un esprit aussi difficile que le sien. La divine Providence, dit-il, prévoit nos actions sans en être la cause directe; elle les prévoit comme contingentes en un sens , mais comme déterminées dans un autre ; comme contingentes relativement au temps, et comme déterminées relativement à l’éternité, parce que l’éternité confond tous les temps dans un instant indivisible. Par la môme distinction on prouve que, sans faire tort à notre liberté. Dieu est cependant l’auteur de nos actions. Ce que vaut ce raisonnement dans son opinion, Pomponace nous le laisse apercevoir clairement lorsqu’il ajoute que, dans 1» crainte de s’écarter de la vérité, il a voulu ici, comme partout où la religion est intéressée, se soumettre d’abord à l’Eglise romaine®.

Ce n’esl donc pas une apologie, c’est la critique du christianisme que Pomponace a voulu faire à propos

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