lôid., lib. XXll, c. VII
2. « Ideo, salva verilate, et me suhjicieiulo in hoo et in cæteris Ho- « mau* Ecclesiæ, dicam quod Deus et talium actuuiu est causa, et ta- « lium actuum ijuoquoinodo non est causa. » {De faw, lib. III, c. XII Fioreutiuo, p. 444.)
134 • PIERRE POMPONACE.
de la Providence et de la liberté, comme il a fait celle du stoïcisme et de la doctrine d’Aristote. Il la poursuit en exprimant, en termes voilés, à la faveur d’une distinction, ce qu’il pense de la prédestination et de la grâce. Selon lui, les dogmes de la prédestination et de la grâce ne doivent point être entendus dans un sens absolu, mais, au contraire, dans un sens restreint et purement relatif. Dire que les hommes sont prédestinés, d’une manière irrévocable, les uns au salut, les autres à la damnation, c’est les réduire au dernier terme du désespoir et les précipiter tous, prédestinés ou non, dans le vice et dans le crime Dieu a voulu, au contraire, de toute éternité, que tous les hommes fussent bienheureux. Mais il y a deux espèces de béatitudes. Il y en a une qui appartient de droit à l’espèce humaine, en vertu des lois de sa nature {quœ debetur homini mpuris naturalibus), et à laquelle nous arrivons par le bon usage que nous avons fait de nos facultés. Un grand nombre de païens y sont parvenus en vivant d’une manière conforme à la loi naturelle. Il y en a une autre, d’un ordre plus élevé, que Dieu réserve à quelques hommes privilégiés et qui, ne pouvant être acquise par nos moyens naturels, est nécessairement un don de la grâce*. Mais dans les limites memes où elle s’exerce, la grâce ne suffit pas sans la liberté. En vain l’aurons-nous reçue, si nous n’en faisons pas un bon usage, elle ne nous conduira pas à la gloire, c’està-dire à la possession de la béatitude surnaturelle ; il
1. « Certe istud est poiiere homiucs iii eslremaiii desperatioiiem et « proTCcare'omnes homines, sive prædestinatos, sive non prædestinatos, « ad vitia et flagitia. » {De fato, lib. V, c. VI.)