De immort,, c. xiv
PIERRE POMPONACE.
les systèmes philosophiques, tous ceux du moins qu’il .connaît, mais les croyances religieuses, les dogmes essentiels du christianisme. En acceptant d’Aristote son système du monde, alors universellement consacré, et ses idées sur la nature de l’âme, ses doutes sur l’immortalité, il le contredit sur tous les autres points, il le combat la tête baissée devaat lui, dans l’attitude du respect et de l’obéissance. C’est de la même manière qu’il combat les dogmes chrétiens et le principe même delà foi, la croyance au surnaturel. C’est ainsi qu’il nous offre dans ses œuvres comme un essai d’une philosophie des religions et d’une philosophie de la nature. Il est rarement dogmatique comme les péripatéticiens de la vieille école et comme les platoniciens nouveaux. Il n’est pas sceptique non plus; le doute n’est pas pour lui un but. Il discute, il examine, il apprécie, il oppose les doctrines les unes aux autres pour obliger l’esprit humain à aller plus loin. Il croit au progrès quand le mot n’est pas encore inventé. Il croit que les sciences se forment peu à p6u par accroissements successifs ; Scientiœ jiunt per additamenta^ . Il croit que le doute est nécessaire à notre avancement intellectuel. C’est par là beaucoup plus que par ses idées personnelles qu’il tient une place importante, sinon la première dans la philosophie de la Renaissance, et qu’il a préparé l’avénement de la philosophie moderne.