Ibid., ibid., p. H
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ET LE CARTÉï^lANISME.
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OU de l’analyse psychologique; mais quand on remonte jusqu’à leur principe, ou, comme dit Descartes, à leur essence, quand on les considère comme deux fonctions d’une forci unique, la proposition de Descartes est conforme à la vérité et répond d’avance au reproche qu’on lui a adressé plus tard d’avoir méconnu l’activité de l’âme, et, par suite, le caractère propre de la substance.
Descartes est si éloigné de cette erreur qu’il fait de la volonté ou, ce qui est la même chose, de la liberté, la maîtresse faculté de l’âme, celle qui nous rapproche le plus de la nature divine et qui nous prouve le plus clairement son existence. « La volonté, dit- il*, ou la « liberté du franc arbitre que nous expérimentons en « nous, est si grande que nous ne concevons pas l’idée (( d’une autre faculté plus grande et plus étendue, en « sorte que c’est elle principalement qui nous fait conu naître que nous portons l’image et la ressemblance « de Dieu. » De la volonté dépendent nos jugements; car, suivant la psychologie cartésienne, c’est là volonté qui juge et non l’entendement. L’entendement se borne à concevoir les choses ou les idées qui nous les représentent ; la volonté les affirme ou les nie ; c’est donc elle qu’il faut accuser de nos erreurs. De la volonté dépendent aussi nos passions ; non pas qu’elle les produise, comme on suppose qu’elle produit nos jugements; mais elle les domine et les gouverne à son gré. Voici une phrase du traité des Passions qu’on dirait empruntée à Sénèque ou à Epictète : « Il n’y a point
1. Méditations métniihysùjues, quatrième méditation ; M. Bouillier,
DESCARTKS
« d'âme si faible qu’elle ne puisse, étant bien conduite, « acquérir un pouvoir absolu sur ses passions. »
Enfin, la volonté n’est pas sans avoir quelque prise sur nos idées, ou, pour nous exprimer d’une manière à la fois plus générale et plus claire, nos idées, aussi bien que nos jugements et nos libres déterminations, attestent l’activité de l’âme. M. Bouillier prouve surabondamment par des citations multipliées que, contrairement à la supposition de ses contradicteurs Gassendi et Hobbes, jamais Descartes n’a considéré les idées dites innées comme des idées toutes formées que nous apportons en naissant et qui sont présentes à notre esprit à tous les instants de la vie. Il croyait seulement qu’elles étaient en nous à üétat de dispositions ou en puissance, et qu’il fallait, pour leur donner une existence effective, le développement, l’exercice, l’activité de la pensée. La pensée humaine, dans la doctrine cartésienne, n’est donc point, comme dans le système de Spinosa, un état passif, simple mode d’une pensée plus générale, qui n’est elle-même qu’un des attributs d’une substance insaisissable; elle a tout ce qui constitue notre personnalité : l’activité intellectuelle, l’activité volontaire et la conscience. Voilà justement pourquoi elle est identifiée avec l’âme et que, sous ce dernier nom, l’on ne désigne pas autre chose qu’elle-même.
La façon dont Descartes comprend l’âme ou la pensée humaine ne nous laisse aucun doute sur sa façon de comprendre la nature divine. C’est par l’idée de l’infini et celle de la perfection qu’il s’élève de l’existeuce de l’homme à celle de Dieu. Mais ni l’une ni l’autre de ces deux idées ne doit être entendue dans un sens abstrait et indéterminé, de manière à nous donner aussi