‹ Moralistes et philosophesChapitre 44 sur 81 · ld„ Md., propos. 18, scholie · texte numérisé non relu

ld„ Md., propos. 18, scholie

ET LE CARTÉSIANISME

aime aussi les hommes, et, par conséquent, l’amour de Dieu pour les hommes et l’amour intellectuel des hommes pour Dieu ne sont qu’une seule et même chose. Ceci nous fait clairement comprendre que notre salut, notre béatitude, en d’autres termes notre liberté, consiste dans un amour constant et éternel pour Dieu, ou si l’on veut, dans l’amour de Dieu pour nous. Les saintes Écritures donnent à cet amour, à cette béatitude le nom de gloire, et c’est avec raison. Que l’on rapporte, en effet, cet amour soit à Dieu, soit à l’âme, c’est toujours cette paix intérieure qui ne se distingue véritablement pas de la gloire n

Cet accord incontestable sur des points essentiels, entre des doctrines qui ont été conçues et qui se sont développées séparément, ne peut s’expliquer que par une seule cause : par leur origine commune ou par l’impulsion qu’elles ont reçue du cartésianisme à l’insu l’une de l’autre, et qui s’est modifiée en elles suivant les dispositions personnelles des hommes. Aussi, après les études approfondies qui ont été faites depuis le commencement de ce siècle sur Descartes et Spinoza, n’y a-t-il rien à changer à ces paroles de Leibniz : « Spinoza n’a fait que cultiver certaines semences de la philosophie de M. Descartes. » — « L’erreur de Spinoza vient de ce qu’il a poussé la suite de la doctrine de Descartes qui ôte la force et l’action aux créatures. »

Dans Malebranche, ce n’est plus Descartes qu’on aperçoit tout seul, bien ou mal compris, interprété selon la raison ou avec le parti pris et l’exagération de

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