‹ Moralistes et philosophesChapitre 46 sur 81 · Ti'ailé de morale, livre II; M. Bouillier, t. II, p · texte numérisé non relu

Ti'ailé de morale, livre II; M. Bouillier, t. II, p

ET LE CARTÉSIANISME

mais elle peut aussi être considérée comme spinoziste, elle fait corps avec le spinozisme. Elle a conduit Malebranche à une morale qui, fondée sur l’amour de la raison, ou ce qui est*pour lui la même chose, sur l’amour de la perfection, diffère peu, au fond, de la morale de l'Ethique et emploie souvent les mêmes expressions. Elle l’a conduit en théologie à des hardiesses qui, sans être les mêmes que celles du Traité théolo- (jico-politique , l’ont cependant mis dans une gêne extrême à l’égard des dogmes chrétiens, d’ailleurs acceptés par lui avec une entière sincérité, et lui ont attiré ou les plus graves accusations ou -les plus sévères critiques de la part des théologiens les plus autorisés.

Ainsi, par exemple, Balthasar Becker ou tout autre rationaliste aurait pu signer ce passage de la Recherche de la vérité : « En ne méditant que sur des principes évidents, on découvrira les mêmes vérités que dans l’Évangile, car. c’est la même sagesse qui parle par elle-même à ceux qui découvrent la vérité dans l’évidence des raisonnements, et qui parle par les Écritures à ceux qui en prennent bien le sens *. » Prendre bien le sens des Écritures, le principe du libre examen est tout entier dans ces mots.

Mais voici qui heurte plus directement les enseignements et les traditions de l’Église. Ne pouvant éviter d’admettre la création sans se mettre en révolte ouverte contre l’Écriture sainte, Malebranche se console en la rendant continue, comme faisait Descartes , et en tirant de la continuité de l’acle créateur cette

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