République, liv. V, p. 278 de la traduction française
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nom de l’antiquité grecque celui d’un philosophe chinois, d’un barbare, comme l’auraient appelé avec mépris les fiers Hellènes; cependant je demanderai si c’est Platon ou Ck)nfucius qui a écrit ces paroles ; « Celui qui est sincère et attentif à ne rien faire aux autres de ce qu’il ne voudrait pas qu’on lui fît,, n’est pas loin de la loi. Ce qu’il désire qu’on ne lui fasse pas, qu’il ne le fasse pas lui-même aux autres *. » — « L’amour de l’humanité, c’est l’homme tout entier*. » — « La vertu consiste à aimer les hommes et la science à les connaître » Ces paroles, dont tous les sinologues ont reconnu le sens et l’authenticité, appartiennent à Confucius. Platon n’a jamais rien dit de semblable. Il ignore le beau nom d’humanité et avec lui l’amour qu’il inspire. Le plus grand sacrifice qu’il ait fait à ce principe ou à ce qui en tient lieu dans ses œuvres, c’est de demander que les Grecs ne fassent plus d’esclaves chez les Grecs et que même dans la guerre ils se traitent les uns les autres avec une certaine douceur ; mais sa sollicitude ne s’étend pas jusqu’aux barbares. La théorie des idées, à la considérer attentivement, n’est cependant pas autre chose que l’origine divine et l’unité du genre humain reconnues dans l’ordre intellectuel. Comment n’a-t-il pas également aperçu ces deux vérités dans l’ordre moral? C’est que le sentiment moral n’est pas arrivé chez lui à la môme hauteur que le génie métaphysique, l’imagination poétique et le sentiment de l’art. Le sentiment moral, voilà l’avantage de l’Orient sur la Grèce, qui prend sa revanche par tantd’au-