liv. III, chap
de tout Dieu et l’humanité, aime sa patrie, son frère, sa mère, ses amis, sa femme, ses enfants ; car le sage fait bien de se marier quand il n’est pas assez fort pour rester uniquement le père, le prêtre, la victime expiatoire de l’humanité *.
Dans la pensée d’Épictète, comme dans celle de son maître Musonius Rufus, un homme de bien doit laisser après lui un homme de bien à sa place. Voilà pourtant ce qu’on a appelé une morale d’esclave 1
De Marc Aurèle il faudrait citer toute la vie pour montrer que le stoïcisme ne s’est pas plus endormi sur le trône qu’il ne s’est avili dans les fers. L’histoire nous offre rarement un tel concert de toutes les vertus de l’homme unies à celles du souverain, de l’austérité et de la constance du sage mêlées à l’activité de l’homme d’État, à l’humanité et à l’équité du législateur, au courage du soldat , à la magnanimité du héros. Mais, si grand qu’il soit par ses actions, le fils adoptif d’Antonin le Pieux ne le cède point par la pensée à ses instituteurs du Portique : si ses œuvres répondent à ses maximes, ses maximes ne s’accordent pas moins bien avec ses œuvres. En voici une, par exemple, qui répond directement au reproche de stérilité et d’indifférence qu’il est de mode aujourd’hui d’adresser au stoïcisme : « Mets toute ta joie, toute ta satisfaction à passer d’une action utile à l’Etat à une autre action qui lui soit encore utile, en te souvenant toujours de Dieu n — « 11 faut faire le bien comme la vigne porte son fruit, ne demandant plus rien après cela et se préparant à donner de nouvelles grappes dans
Dis.iertation.1, liv. III, chap. 22.