‹ Moralistes et philosophesChapitre 68 sur 81 · Pemée-f, liv. VI · texte numérisé non relu

Pemée-f, liv. VI

394 M. BARTHÉLEMY SAINT-HlLAlRE.

la saison prochaine, ou comme l’abeille fait son mieP.»

Que de belles paroles aussi l’on pourrait emprunter tant à Marc Aurèle qu’à Epictète sur la miséricorde, sur l’mdulgence, sur la confiance en Dieu I mais je ne me suis déjà que trop oublié avec l’école stoïcienne. A peine ai-je encore le temps de dire quelques mots à la défense de Kant. Je dois avouer pourtant que je n’en suis que médiocrement affligé. La doctrine de Kant appartient plus à l’école qu’à l’histoire générale du monde. Qu’elle soit vraie ou fausse, cela intéresse les philosophes et encore les plus intrépides d'entre eux ; ce n’est pas une question qui préoccupe le public, même le plus instruit. D’ailleurs j’applaudis à la plupart des reproches queM. Saint-IIilaire faitau moraliste allemand. Je crois avec lui que nous ne créons pas la loi morale, mais que nous la recevons d’une puissance supérieure, ou, pour rester fidèle à l’expression de Kant, que Vautonomie de la volonté est une pure chimère. Je partage sa conviction que la liberté humaine serait gravement compromise si, au lieu de l’admettre sur la foi de l’évidence comme un fait qu’il est impossible de nier, on entreprenait de la démontrer par le raisonnement. Je m’unis à lui encore lorsqu’il soutient que l’existence de Dieu et l’immortalité de l’âme sont des vérités, non des hypothèses ; des vérités démontrées par des preuves irrésistibles, non des concessions faites au cri de la conscience, aux espérances de l’homme de bien Mes observations ne portent que sur un seul point.

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