‹ Moralistes et philosophesChapitre 78 sur 81 · lü2 de la payiiialiüu erronée · texte numérisé non relu

lü2 de la payiiialiüu erronée

M. RtNOUVlER.

dans le ciel, ou plutôt dans l’univers, comme il la voudrait dans l’État.

Le polythéisme est inséparable de l’anthropomorphisme, qui d’ailleurs est pour M. Renouvier la seule forme sous laquelle nous puissions nous représenter la nature divine, quand même nous n’admettrions qu’un seul Dieu. Cela est conséquent, car l’absolu et l’infini une fois bannis de la raison et de l’existence, la divinité que nous demandons à notre imagination de nous créer j)our la satisfaction de notre cœur ne peut être qu’une idole fabriquée à notre image. Nous ne sommes donc point étonné de voir M. Renouvier substituer à la place des dogmes de la théologie et des spéculations de la métaphysique ce qu’il appelle « les clartés d’un anthropomorphisme de bon aloi, les croyances anthropomorphiques les plus simples et les mieux accusées *. » Sur de telles croyances, la critique, selon lui, n’a pas de prise, car, étant en dehors de la raison, elles ont du moins cet avantage de n’être pas contraires à la raison.

Polythéisme et anthropomorphisme, voilà donc où aboutit cette critique implacable qui reproche à celle de Kant d’avoir été trop indulgente. C’est dans l’intérêt de ces deux grandes découvertes qu’on a mis en pièces les plus belles pages de l’hisloire de l’esprit humain et qu’on a essayé de détruire les plus solides fondements de l’esprit humain lui-même ! M. Renouvier se trompe, le polythéisme et l’anthropomorphisme ne sont pas seu*lement en dehors de la raison, ils sont contre la raison. Quoi de plus déraisonnable, en effet, que de croire à l’existence de ces fétiches spirituels que nous avons

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