VII
j. ■ Ce qui fait souvent le mécompte d'un écrivain, , «'est qu'il croit rendre les choses telles qu'il les aperçoit ou qu'il les sent.
vm.
On proscrirait moins de pensées d'un ouvrage, si on les concevait comme l'auteur.
Lorsqu'une pensée s'offre à nous comme une profonde découverte, et que nous prenons la peine de la développer, nous trouvons souvent que c'est une vérité qui court les rues.
Il est rare qu'on approfondisse la pensée d'un autre; de sorte que s'il arrive dans la suite qu'on fasse la même réflexion, on se persuade aisément
' Une pensée qui porte une oxpreision est hardi et beau. Ceit la marque ; expression négligée. M.
» H n'y aurait point d'erreurs, etc. L'auteur veut parler des erreurs de raisonnement , de spéculation ; cette maxime ne peut s'appliquer aux erreurs d»^ fait. L'expression est tr<^ générale. S. l
qu'elle est nouvelle, tant elle offre de circonstances et de dépendances qu'on avait laissé échapper.
Si une pensée ou un ouvrage n'intéressent que peu de personnes , peu en parleront.
xn.
C'est un grand signe de médiocrité de louer toujours modérément.
Les fortunes promptes en tout genre sont les moins solides, parce qu'il est rare qu'elles soient l'ouvrage du mérite. Les fruits mûrs mais laborieux de la prudence sont toujours tardifs.
L'espérance anime le sage, et leurre le présomptueux et l'indolent , qui se reposent inconsidérément sur ses promesses.
Beaucoup de défiances et d'espérances raisonnables sont trompées.
L'ambition ardente exile les plaisirs dès la jeunesse pour gouverner seule.
La prospérité fait peu d'amis.
Les longues prospérités s'écoulent quelquefois en un moment : comme les chaleurs de l'été sont emportées par un jour d'orage.
Le courage a plus de ressources contre les disgrâces que la raison.