‹ Moralistes françoisChapitre 14 sur 309 · PREMIERE PARTIE, ART. IV · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE, ART. IV

de b nature; et que de ce que lui parohra ce petit cachot où il se trouve logé , c'est-à-dire ce monde visible , il apprenne à estimer la terre, les royaumes 9 les villes, et soi-même, son juste prix.

Qu'est-ce que l'homme dans Tinfini ? Qui peut le comprendre? Mais pour lui présenter un autre prodige aussi étonnant , qu'il recherche dans ce qu'il connoit les choses les plus délicates. Qu'un dron , par exemple , lui ofFre dans la petitesse de son corps des parties incomparablement plus petites, des jambes avec des jointures , des veines dans ces jambes , du sang dans ces veines, des humeurs dans ce sang, des gouttes dans ces humeurs , des vapeurs dans ces gouttes ; que , divisant encore ces dernières choses, il épuise ses forces et ses conceptions, et que le dernier objet où il peut arriver soit maintenant celui de notre discours. Il pensera peutêtre que c'est là l'extrême petitesse de la nature. Je veux lui faire voir là-dedans un abyme nouveau. Je veux lui peindre, non seulement l'univers visible , mais encore tout ce qu'il est capable de concevoir de l'immensité de la nature, dans l'enceinte de cet atome imperceptible. Qu'il y voie une infinité de mondes, dont chacun a son firmament, ses planètes, sa terre, en la même proportion que le monde visible; dans cette terre, des animaux , et enfin des cirons , dans lesqueb il retrouvera ce que les premiers ont donné , M*ouvant encore dans les autres la même chose , sans fin et sans repos. Qu'il se perde dans ces merveilles aussi étonnantes par leur petitesse que les autres par leur étendue. Car qui n'admirera que notre corps, qui tantôt n'étolt pas perceptible dans l'univers, imperceptible lui-même dans le sein du tout, soit maintenant un colosse, un monde, ou plutôt un tout, à Végard de la dernière petitesse où l'on ne peut arriver?

Qui se considérera de là sorte s'effraiera, sans doute , de se voir comme suspendu dans la masse que la nature lui a donnée entre ces deux abymes de l'infini et du néant , dont il est également éloigné, n tremblera daps la vue de ces merveilles; et je crois que, sa curiosité se changeant en admiration , il sera plus disposé à les contempler en silence qu'à les rechercher avec présomption.

les nommer boMses, communes, famis nomsrià leur conviennent mieux ; je lots d'enflure.

Page 1