LES ORATEURS
Qui n'admire la majesté, la pompe, bmagitt' ficence, l'enthousiasme de Bossuet, et la vaste étendue de ce génie impétueux , fécond , sobt me? Qui conçoit, sans étonnement, la profbih deur incroyable de Pascal , son raisomiemeit invincible, sa mémoire surnaturelle, sa oodnoissance universelle et prématurée? Le premier élève l'esprit ; l'autre le confond el le trouble. L'un éclate comme un tonnerre dans un tourbillon orageux, et par ses soudaines ba^ diesses échappe aux génies trop timides ; l'autre presse, étonne, illumine, fait sentir despoliquement l'ascendant de la vérité ; et comme si c'étoit un être d'une autre nature que nous, sa vive intelligence explique toutes les conditions, touteslesaffections et toutes les pensées des bonimes , et paroît toujours supérieure à leurs codceptions incertaines. Génie simple et puissant, il assemble des choses qu'on croyoit être incompatibles, la véhémence , l'enthousiasme, la naïveté, avec les profondeurs les plus cachées de l'an ; nais d'un art qui , bien loin de gêner la nature, nest lui-même qu'une nature plus parfaite , et lorigÎTial des préceptes. Que dirai-je encore? Bos^ suet fait voir plus de fécondité , et Pascal a plus d'invention; Bossuet est plus impétueux, et Pascal plus transcendant. L'un excite Tadmiration par de plus fréquentes saillies ; l'autre, toir jours plein et solide , 1 épuise par un caractère plus concis et plus soutenu.
Mais toi ' qui les a surpassés en aménités et en grâces, ombre illustre, aimable génie; toi qui fis régner la vertu par l'onction et parla
• Fénelon.