‹ Moralistes françoisChapitre 204 sur 309 · XLVI · texte numérisé non relu

XLVI

CeuaiL qui manl|uent de probité dans les plaisirs n'en ont qu'une feinte dans les affaires. C'est la marque d'un naturel fecoce, lorsque le plaisir ne rend point humain '.

XLvn.

Les plaisirs, enseignent aux priqpes à se fih miliariser avec les hommes.

XLVin.

Le trafic de l'honneur n'enrichit pas.

Ceux qui nous font acheter leur proUté, ne nous^endent ordinairement que leur hoDueuri

' Vabianti. C'est une preuve d'esprit et de nuufais foôt, lorsqu'on distingue toujours ce qui est estimaMe de ce qui est aimaMe ; rien n'est si aimable que la Terta pour les cœon liicB faits.

> Non pasTu/tm^, mais l'admiration. S.

3 ceux qui manquent de j^obité, etc. C^est la marque d'un naturel . etc. Cesdeux pensées ne semblait pas bien bé» l'une à l'autre. Probité et humanité n'aal pas un rapport asNi immédiat. S.

4 ceux qui nous font acheter leur probité, etc. On poorroil peut-être accuser cette pensée d'un peu de subtilité Tenant d'an dt'fant de précision dans les termes. U est sûr que cehii qui veod sa probité n'en a d<|a plus, puisqu'il consent à U Tendre. AiM on ne vend point sa probité ; mais on se bit payer de n'en point avoir. S.

RÉFLEXIONS ET MAXIMES

oseieaoe » l'hoiineur, la chasteté , l'al'esliine d«s hommes sont à prix d'ar- 1 libéralité multiplie les avantages des

qui sait rendre ses profusioDS uliles a ide et noble économie.

LU

>ts ne comprennent pas tes gens d'es-

Lin.

nne ne se croit propre, comme un sot»

les gens d'esprit.

négligeons souvent les hommes sur qui e nous donne quelque ascendant, qui IX qu'il iaut attacher et comme încornous, les autres ne tenant à nos amorpar l'intérêt» l'objet du monde le plus int.

a guère de gens plus aigres que ceux , doux par intérêt.

irét fait peu de fortunes '.

Lvn.

foux qu'on ait fait fortune lorsqu'on ne en jouir.

LVffl.

)ur de la gloire fait les grandes fortunes s peuples.

avons si peu de vertu, que nous nous s ridicules d'aimer la gloire.

'A faHi petf dé forUmet, Par inlérël , Vauvenai^ies le vice ou la paasU» ifù domine dau un caractère I n'est pas d'usage eu oe sens. S.

La fortune exige des soins. 11 faut être souple, amusant, cabaler, n'offenser personne, plaire aux femmes et aux hommes en place, se mêler des plaisirs et des affaires, cacher soa se-: cret, savoir s'ennuyer l»nuit à table, et jouer trois quadrilles sans quitter sa chaise : même* après tout cela, on n'est sûr de rien. Combien de dégoûts et d'ennuis ne pourroit-on pas s'épargner, si on osoit aller à la gloire par le setd

mérite! •

Quelques fous se sont dit à table : 11 n'y a

que nous qui soyons bonne compagnie; et on

les croit.

Les joueurs ont le pas sur lesg^s d'esprit,

comme ayant Thonnenr de représenter les gens

riches.

Les gens d'esprit seroient presque seuls, sans les sots qui s'en piquent.

Celui qui s'habille le matin avant huit heures pour entendre plaider à l'audience, ou pour voir des tableaux étalés au Louvre, ou pour se trouver aux répétitions d'une pièce prête à paroitre , et qui se pique de juger en tout genre du travail d'autrui, est un homme auquel il ne manque souvent que de l'esprit et du goût.

LXY.

Nous sommes moins offensés du mépris des

sots , que d'être médiocrement estimés des gens

d'esprit.

C'est offenser les hommes que de leitr donner des louanges qui marquent les lM;a*nes (te leur mérite ; peu de gens sont assez modestes pour souffrir sans peine qu'on les apprécie.

Il est difficile d'estimer quelqu'un comme il veut l'être '.

' // esi difficile d*ettimer quelqu'un comme U vèul l'éive.

VAUVENARGUBS.

LXVIIÎ.

On doit se consoler de n'avoir pas (es grands taiffffts, comme on se console de n'avoir pas les grandes places. On peut être au-dessus de l'un '^% ée l'autre par le cœur.

La raison et l'extravagance , la vertu et te vice ont leurs heureux. Le ooAtenteoient n'est P0S la marque du mérite.

La traoquiiUtë d'esprit passeroit-elle pour

une meilleure preuve de la vertu ? La santé la

donne *.

Si la gloire et le mérite ne rendent pa& les hommes heureux, ce que Y m appelle bonheur mérite-t-îl leurs regrets? ilne^me un peu courageusedaigneroit-elle accepter ou la fortune, ou le repos d'esprit, ou la modération, s'il ial* loit leur sacrifier la vigueur de se& sentiments et abaisser l'essor de son génie ?

Lxxn.

La modération des grands hommes ne borne que leurs vices»

La modération des foibles est médiocrité.

Ce qui est arrogance dans les foibles est élévation dans les forts; comme la force des malades est frénésie, et celle des sains est vigueur.

Le intiment de nos forces les augmente.

On ne juge pas si diversement des autres que de soi-même.

n fiMMirait âkncfmmeiivevtétrt uHmé,im qjtCU f eflit précédemment un participe au lieu de l'infintlif. If.

' La tranquillité d*e*prit paueroili^AU pour une meilleure preuve, etc. Meilleure se rapporte ici à la maxime préeédente, dont oene-ei est la suite. S^

Lxxvn.

Il n^esc pas vrai que les bommes aoieat ■ leurs dans la pauvreté qtie dans ka richesa

LXXVffl.

Pauvres et riches, nul n'est vertneux ni 1 reiusî la fortune ne l'amis à sa place.

Il faut entretenir la vigueur du corps p conserver celle de l'esprit.

On tûre peu de service des vieillards.*

Les bommes ont la volonté de rendre ser jusqu'à ce qu'ils en aient le pouvoir.

L*avare prononce en secret : suis-je cbargi la fortune des misérables? et il repousse la [ qui l'importune.

Lxxxm.

Ceux qui croient n'avoir plus besoin d'au deviennent intraitables.

Il est rare d'obtenir beaucoup des bomi dont on a besoin.

On gagne peu de choses par habilelé \

Nos plus sûrs protecteurs sont nos taleal

Tous les hommes se jugent dignes des

' Jl n'ett pat vrai quê les hommes soient meUUmrs la pauvreté que dans les richesses. Il Faudroit, ce sei dans la richesse , pour exprimer l'état de Ibomme riche.

> On gaqne peu de choses par kûHleié» Le not dliaMIi un peu Têgue. U signiSe aai»4oul§ M nAnMf ; antroMiil maxime contrediroit la tottlMe. S.

RÉFLEXIONS ET AiAXIMES,

grtndes places ; mais la natare , qui ne les en a [Mtt rendus capables, fait aussi qu'ils se tieuieot très contents dans les dernières*

Lxxxvni.

On méprise les grands desseins lorsqn^on tae aeot pas capable des grands succès.

Les hommes ont de grandes prétentions et de petits projets.

Les grands hommes entreprennent les grandes choses , parcequ*elle8 sont grandes ; et les fous , parcequ'ils les croient faciles.

n est quelquefois plus fodle de former un parti* que de venir par degrés à la tête d un parti déjà formé.

xcn.

n n'y a point de parti si aisé à détruire que celui que la prudence seule a formé. Les caprices de la nature ne sont pas si frêles que les chefs-d'œuvre de l'art.

xcni.

On peut dominer par la force» mais jamais par la seule adresse.

XCIY.

Ceux qui n'ont que de l'habileté ne tiennent en aucun lieu le premier rang.

La force peut tout entreprendre contre les habiles'.

Le terme de l'habileté est de gouverner sans la force.

La force pêmî Imtt mtîrepfrmdn emtn lu hmMhs. Oiri , lluMIeié taukttt à «toir iMin* m n tavMr reniM de

U1brce.S.

C'est être médiocrement habile, qne de faire des dupes.

xcvm.

La probité , qui empêche leé esprits médiocres de parvenir à leurs fins, est un moyen de "^ plus de réussir pour les habiles.

Ceux qui ne savent pîis tirer parti des autres hommes sont ordinairement peu accessibles.

Les habiles ne rebiffent personne.

L'extrême défiance, n'est pas^'moins nuisible que son contraire» La plupart des hommes deviennent inutiles à celui qui ne veut pas risquer d'être trompé. •

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