‹ Moralistes françoisChapitre 206 sur 309 · Ï2XX · texte numérisé non relu

Ï2XX

Lorsqu'une chose ne peut pas nous nuire, il

faut nous moquer de ceux qui nous en détoo^

nent.

GSXL

Il y a plus de mauvais conseils quedecapriœs.

11 ne faut pas croire aisément que ce que b nature a lait aimable soit vicieux. U n'y a point de siècle et de peuple qui n'aient établi des ifer tus et des vices imaginaires.

CXXHL

' La raison nous trompe plus souvent que b nature '.

La raison ne connoît pas les intérêts du cœur.

Si la passion conseille quelquefois plus bvdiment que la réfl|^on , c'est qu'elle dôme plus de force pour exécuter.

Si les passions font plus de fautes que le jugement , €*est par la même raison que ceux qu gouvernent font plus de fautes que les hommes privés *.

* La raison nous trompe plus som>ent que la uoÈurt. Oà « peut entendre par la natnre de l'homme, que «m organteiiai et rimpuMon qu'il reçoit de ses sens Ten les ol^eti. Or. c'^ de U que Tiennent toutes nos butes et tontes nos en«in:c< non pas de U raison , même quand elle s'égare. M.

* Si les passions font plus de fasUes ^ue le jmgeasnd,^ ( Cette maiime dément la précédente ; car les passions sont Usi-

RÉFLEXIONS ET MAXIMES

osr

Les grandes pensées viennent du cœur.

Le bon instinct n*a pas besoin de la raison, mais il la donne.

On paie chèrement les moindres biens, lorsqu'on ne les tient que de la raison.

La magnanimité ne doit pas compte à la prudence de ses motifs.

CXXXÎ.

Personne n*est sujet à plus de fautes que ceux qui n'agissent que par réflexion.

cxxxn.

, On ne fait pas beaucoup de grandes choses par conseil.

La conscience est la plus changeante des

règles.

La iausse conscience ne se connott pas.

La conscience est présomptueuse dans les forts , timide dans les foibies et les malheureux , inquiète dans les indécis , etc. : organe du sentiment qui nous domine , et des opinions qui nous gouvernent.

La conscience des mourants calomnie leur vie ' .

tnre, et le jugement t^'est la raison. Or, Tautear dit ici que les paMions font plus de fautes que le Jugement. If. — Je crois qall tant entendre par la première de ces deux nutztmes, cpie la rtànm «lotct trompe, projiorltoii ^ardée^ plus «o«vent qme la nature; VauTenargoes croyant, comme il létahlit danala seconde maxime, que la raison a moias aonrent oocasioD de blre des fautes que la nature, paroeque le nombra des acttOQs qu'elle dirige est beaucoup moins coûidérable. S. ^ ' La conseUueê des mourante calomnie leur vie. Montaigne a dit : £a pénitence demandé à charger, S.

cxxxvn.

La férnieté ou la foibtpsse de la mort dépead de la d^nière mabdie.

CXXXVIH.

La nature, épuisée par la douleur, jtsaoupit (juelquefois le sentiment dans les malades , el^ arrête la volubilité de leur esprit ; et ceux qui redoutoient la mort sans péril, la souffrent sans crainte.

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