‹ Moralistes françoisChapitre 230 sur 309 · FRAGMENT · texte numérisé non relu

FRAGMENT

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LES EFFETS DE L'ART ET DU SAVOtR,

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LÀ PliVEUTION QUI NOUS Af OUS POUH NOTBE SIÈCLE , BT CONTBE L'A<>TIQUITB.

AVIS DE LTiDrrEUR DE 1797.

Il eit dair qae, dans L'oiirrasB soirant . l'auteur s'étoU proposé de refaire cl de perrectionner le précédeni . dont il copie d'assez long» passades sans y rien changer. J'ai cm devoir les conserver tous deux : le premier, parcequ'il ëtoitph» complet; le second, parcequ'ii est plus travaillé, et qu'il renferme des additions importantes. An reste , les passages répi'tés sont si biea Mis , que Ton- ne sera certainement pas fâché de les relire.

Ceux qui eroient prouver l'avantage de ce siècle en disant qu'il a hérité des connoissances et des inventions de tous les temps , ne font pas peut-être attention à la foiblesse de l'esprit humain. Il peut être douteux qu'un grand savoir conduise à l'esprit de justesse. Trop d'objets confondent la vue; trc^ de connoissances étrangères accablent notre propre jugement. En

quelque genre que ce puisse être , ropoleoc^ apporte toujours plus d'erreurs que la pauvreté. Peu de gens savent se servir utilement de l'esprit d'autrui.^Les connoissances se muliipCent, mais le bon sénis est toujours rare. Ni les dons de l'esprit- ni (*èu^ de la fortune ne peoifeDt devenir le pahl^e du vulgaire. Dans le monde intelHgentccefi^Hie ^ans le monde politique, le plus graif(tnôto)j(r(|^es hommes a été destiné par la natttre ^i^^peuple.

A la vémé i^vi^€NLToira plus aux sorciers m au sabbat^;t4Sl9&^iî^^^^ tel que le nôtre ; mais m croira^çâfte érlpâlfjn. On parlera de beaucoup de choses, Gom6iéji|^lIes avoient des principes évidents , et oïl^'^isputera en même temps de toutes choses, comme si toutes étoient inoer taines. On blâmera un homme de ses vices, et on ne saura pas s'il y a des vices. On dira d*un poète qu'il est sublime, parcequ'ii aura peint un grand personnage ; et ces sentiments héroïques qui font la grandeur du tableau , on ne les estimera point dans l'original. L'effet des opinions , multipliées au-delà des forces de Tesprit, est de produire des contradictions et d*ébranler la certitude des principes '. Les objets présentés sous trop de feces ne peuvent se ranger, ni se développer, ni se peindre distinctement dans l'esprit des hommes. Incapables de concilier toutes leurs idées, ils prennent les divers côtés d'une même chose pour des contradictions de sa nature. Leur vue se trouble et s'égare dans cette multitude de rapports que les moindres objets leur offrent. Cette pluralité de relations détruit à leurs yeux Tunité des sujets. Les disputes des philosophes achèvent de décourager leur ignorance. Dans ce combat opiniâtre de tant de sectes, ils n examinent point si quelqu'une a vaincu et a fait pencher la balance; il suffit qu'on ait contesté tous les principes poor

* Cette otigection de VauTenargnes contre la trop grande étendue des lumières dans une nation , est sans doute apéciemt. puisqu'elle a pu déduire un homme de beaucoup d'esprit; Biaii elle n'est pas solide. Les disputes des philosopties ne tout antre chose que de produire au grand jour les idées que les esprib spécnlatiCs ont eues dans tous les temps» et qni ne font que si répéter l'une à l'autre k divers intervalles. Plus eUes seront dé* veloppées, et mieux on en sentira la fausseté , ai eUes ne sont pas justes. Le progrès évident des sciences eiactes par la i munication des idées d'une génération à Tautre. doit rement porter aussi à la longue sur toutes les anti«s teiflBoes. Ainsi l'e^wce humaine est évidemment perfeetiUe. F.

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