PRIERE
O Dieu ! qu*ai-je fait ? Quelle ofSBense arme votre bras contre moi? Quelle malheureuse foibiesse m'at^ votre indignation? Vous versez dans mon cœur malade le fiel et Tennui qui le rongent; vous séchez l'espérance au fond de ma pensée ; vous noyez ma vie d'amertume ; les }daisfrs, la santé, la jeunesse, m'échappent; la gloire, qui flatte de loin les songes d'une ame ambitœuse , vous me ravissez tout....
Être juste , je vous cherchai sitôt que je pus vous oonnoitre ; je vous consacrai mes hommages et mes vœux innocents dès ma plus tendre enfance, et j'aimois vos saintes rigueurs. Pourquoi m*avez-vous délaissé? Pourquoi, lorsque l'orgudl , l'ambition , les plaisirs , m'ont tendu leurs pièges infidèles?... G'étoit sous leurs trails que mon cœur ne pouvoit se passer d'appui.
J'ai kiissé tomber un regard sur les dons endbanteurs du monde , et soudain vou^ m'avez quitté ; et les ennuis , les soucis , les remords, les douleurs , ont en foule inondé ma vie.
O mon ame ! montre-loi forte dans ces rigoureuses épreuves, sois patiente, espère à ton Dieu; tes maux finiront; rien n'est stable; la terre elle-même et les cieux s'évanouiront comme un songe. Tu vois ces nations et ces trônes qui tiennent la terre asservie : tout cela périra. Écoute, le jour du Seigneur n'est pas loin, il viendra ; l'univers surpris sentira les ressorts de son être épuisés, et ses fondements ébranlés: l'aurore de l'éternité luira dans le fond des tombeaux , et la mort n'aura plus d'asiles.
O révolution effroyable! L'Iiomicide et l'incestueux jouissoient en paix de leurs crimes, et dormoient sur des lits de fleurs ; celle voix a frappé les airs; le sdeil a fait sa carrière, laface
des deux a diangé. A ces mots, les mers, les montagnes, les forêts, les tombeaux frémissent, la nuit parle, les vents s'appellent.
Dieu vivant! ainsi vos vengeances se déclarent et s'accomplissent; ainsi vous sortez du silence et des ombres qui vous couvroient. O Christ ! votre règne est venu. Père, Fils , Esprit éternel , l'univers aveuglé ne pouvoit vous comprendre. L'univers n'est plus; mais vous êtes, vous jugez les peuples. Le foible, le fort, l'innocent, l'incrédule, le sacrilège, sont tous devant vous. Quel spectacle ! je me tais ; mon ame se trouble et s'égare en son propre fonds. Trinité formidable au crime , recevez mes humbles hommages '.