PLATON ET DENIS-LE-TYRAN
DENIS
, je le maintiens , mon cher philosophe , ié, Tamitié, la générosité » ne font que * sur le cœur de Thomme ; pour Téquité , en a aucun principe dans sa nature.
PLATON
ind il seroit vrai que les sentiments d*hui ne seroient point durables dans le cœur 3mme
DENIS
a ne peut être plus vrai ; il n*y a de dudans le cœur de Thomme que l'amour-
PLATON
bien ! que concluez-vous de cette suppo- ?
DENIS
x)nclus que j'ai eu raison de me défier de es hommes, de rapporter tout à moi, Jmer que moi.
PLATON
is niez donc que les hommes soient obligés justes?
DENIS
irquoi y seroient-iis obligés , puisque la î ne les a pas faits tels?
PLATON
ceque la nature les a faits raisonnables, e, si elle ne leur a pas accordé Téquité, ;ur a donné ta raison pour la leur faire lire et pratiquer; car vous ne niez pas, Hns, que la raison ne montre la nécessité ustice?
DENTS
raison veut que les habiles et les forts ment , et qu'ils fassent observer aux aulommes Téquité : voilà ce que je vous le.
PLATON
it-à-dire que vous» qui étiez plus fort et
plus habile que vos su jets , vous n'étiez pas obligé envers eux à être juste. Mais vous avez trouvé des hommes encore plus heureux et plus habiles que vous ; ils vous ont chassé de la place que vous aviez usurpée. Après avoir éprouvé si durement les inconvénients de la violence, devriez-vous persister dans votre erreur? Mais , puisque votre expérience n'a pu vous instruire , je le tenterois vainement. Adieu; je ne veux point infecter mon esprit du poison dangereux de vos maximes.
DENIS
Et moi, je veux toujours haïr les vôtres : la vertu me condamne avec trop de rigueur, pour que je puisse jamais la souffrir.
RÉFLEXIONS